Suicide d'un cheminot, délégué SUD-Rail, à Saint-Lazare

FAITS DIVERS Passé en Conseil de discipline en octobre 2016, l’homme « avait «été» condamné à un dernier avertissement avant licenciement », selon SUD-Rail…

G. N. avec AFP

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La gare Saint-Lazare à Paris

La gare Saint-Lazare à Paris — CHAMUSSY/SIPA

Un cheminot, délégué du personnel SUD-Rail, s’est suicidé sur son lieu de travail, gare Saint-Lazare à Paris, dans la nuit de vendredi à samedi, a-t-on appris auprès du syndicat qui met en cause la direction de la SNCF. Le cheminot, âgé de 42 ans, « s’est jeté sous un train », a dit à l’AFP Fabio Ambrosio, représentant de SUD-Rail au comité d’entreprise, se disant « partagé entre la tristesse et la colère ». La direction de la SNCF a indiqué pour sa part qu’une « enquête de police était en cours » à la suite de ce décès.

Selon SUD-Rail, le délégué, qui avait un statut de travailleur handicapé lié à des « problèmes psychologiques », était « depuis plusieurs années attaqué par une direction qui ne supportait pas son engagement syndical ». « Un conseil de discipline l’avait condamné à un dernier avertissement avant licenciement, avec 12 jours de mise à pied et à un déplacement disciplinaire pour avoir eu un "regard menaçant" envers son directeur », ajoute le syndicat dans un communiqué.

« Des relations tendues avec ses dirigeants »

Selon la direction, qui a confirmé qu’un conseil de discipline avait bien eu lieu en octobre 2016, le délégué de Sud Rail avait « a priori des relations tendues avec ses dirigeants ». SUD-Rail affirme que la « mutation disciplinaire » lui a été signifiée « sans aucun respect des règles », car avec son statut de travailleur handicapé, « il aurait dû passer par le CHSCT ». « De plus la direction n’ignorait pas que son médecin préconisait depuis plusieurs années pour sa santé qu’il reste dans un environnement de travail et interdisait tout déplacement ».

« La direction de la SNCF doit prendre conscience que ses pressions managériales, les restructurations perpétuelles et la répression syndicale qu’elle mène depuis plusieurs dizaines de mois poussent à bout des agents », dénonce-t-il. Un CHSCT extraordinaire est convoqué lundi à Saint-Lazare.