50 ans de la Brigade des sapeurs-pompiers de Paris: «Aujourd’hui, je quitte une famille»

SOCIETE La Brigade des sapeurs-pompiers de Paris (BSPP) célèbre ce samedi les 50 ans de sa création. A cette occasion « 20 Minutes » a rencontré son doyen…

Propos recueillis par Romain Lescurieux

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Le major Bernard Gama, 58 ans, part à la retraite après 38 ans de carrière à la BSPP

Le major Bernard Gama, 58 ans, part à la retraite après 38 ans de carrière à la BSPP — R.LESCURIEUX

La Brigade des sapeurs pompiers de Paris (BSPP) célèbre ce samedi son cinquantième anniversaire. A cette occasion, une prise d’armes se déroulera sur le parvis de l’hôtel de ville avant l’ouverture d’une exposition*.

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En présence du préfet de police Michel Cadot, de la maire de Paris, Anne Hidalgo et du général Philippe Boutinaud, cette cérémonie militaire aura un goût particulier pour le major Bernard Gama. A 58 ans, il est officiellement à la retraite depuis lundi soir et va quitter dans les prochaines semaines la brigade, sa « famille ». Pour 20 Minutes, il revient sur ses 38 ans de carrière chez les pompiers de Paris. « Les meilleurs du monde et des environs », rigole-t-il.

A quel âge êtes-vous arrivé chez les pompiers de Paris ?

Je suis arrivé vers l’âge de 20 ans à l’occasion de mon service militaire. Mais sans l’âme d’un sapeur-pompier, ni l’envie d’y faire carrière. J’étais un minot, je venais de Metz en Moselle et j’étais surtout attiré par la capitale. En arrivant, j’ai découvert le métier et cette maison. J’aimais déjà le contact humain, rendre service, l’uniforme et l’esprit militaire, mais les gradés qui m’ont accueilli dans un esprit de fraternité et de camaraderie, m’ont vraiment donné envie de rester.

Aujourd’hui, vous êtes tout juste retraité, quel regard portez-vous sur votre carrière ?

Quand je regarde dans le rétroviseur, je trouve que j’ai fait une belle carrière. Si on me repropose le même parcours, la même maison, je signe tout de suite. En plus à Paris, on ne peut pas s’ennuyer. J’ai servi dans les centres de secours de Montreuil, de Château-Landon et Montmartre. Je suis passé par tous les grades et j’ai terminé en tant que major au cabinet du Général. Pour moi, c’est l’apothéose d’une carrière. Et aujourd’hui, je quitte une brigade, qui est devenue une famille.

Et en 38 ans, comment le métier a évolué ?

C’est le jour et la nuit. Notamment au niveau du matériel et des tenues. Il y a plus de trente ans, c’était un peu rudimentaire. Avant on intervenait tout le temps en tenue de feu même pour le secours des victimes, maintenant on s’adapte. Ça évolue. Au niveau des interventions, le règlement s’est également adapté en fonction des recherches et des accidents qui ont pu survenir. Après c’est comme partout, il y a aussi certaines difficultés économiques.

Avez-vous un souvenir qui vous a particulièrement marqué ?

Dans ce sens, la chance du pompier c’est le malheur des autres. Je suis intervenu sur de nombreux incendies mémorables. Pour un feu d’appartement, j’ai par exemple pratiqué une mise en sécurité avec une simple échelle à crochets, comme a pu le faire en son temps,le Caporal Thibault, la référence de la Brigade des sapeurs-pompiers de Paris. Pour nous, c’est une pratique mythique.

A côté de ça, je me souviens aussi d’un feu dans la cage d’escalier d’un immeuble de la Butte Montmartre en 1992, où une dizaine de personnes se sont défenestrées. Je me souviens aussi d’un gamin qui était bloqué dans un ascenseur à Montreuil et que nous n’avons pas pu sauver. Ce type de situation marque surtout car malgré notre bonne volonté, nous ne sommes pas toujours au rendez-vous.

Quels conseils donnez-vous aux jeunes qui arrivent ?

Je n’ai pas eu cette occasion. Mais désormais je vais essayer de redonner ce que l’on m’a donné pendant 38 ans à travers la réserve et des amicales d’anciens. Je dirai aux plus jeunes que la BSPP est une belle maison. Ici, on peut commencer bas et finir au plus haut de l’échelle. Mais surtout le plus important, c’est d’aimer son prochain. Pompier, ce n’est pas un métier, c’est le don de soi pour les autres.

Les 50 ans de la brigade, ça représente quoi pour vous ?

C’est toute une reconnaissance de la part de Paris et de la nation. Je suis pro-cérémonie et pro-militaire, alors pour moi, ce moment devrait être superbe.

* Du 4 mars au 29 avril 2017, la mairie de Paris mettra à l’honneur la Brigade de sapeurs-pompiers de Paris, en proposant une exposition intitulée : « Pompiers de Paris - Notre mission : Sauver »