« Honteux », disent-ils. « Après les retraits de couvertures, après les dispersions, après les pierres, on passe à l’étape suivante : les migrants sont empêchés de manger », note le collectif « Solidarité Migrants Wilson » dans un post, publié sur Facebook ce jeudi, pour dénoncer la désormais « interdiction » de distribuer des denrées alimentaires autour du centre humanitaire de la Chapelle (18e arrondissement), qui affiche régulièrement complet.

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Un « harcèlement » qui se « confirme »

« Vers 8h30, nous sommes arrivés et nous nous sommes installés en contrebas du centre », explique à 20 Minutes, une bénévole du collectif présente sur place ce matin, comme de nombreuses fois depuis plusieurs semaines. Mais ce matin, rien ne s’est passé comme d’habitude. « Cinq minutes après, les policiers nous ont interdit de distribuer les boissons chaudes et la nourriture », ajoute-t-elle.

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« Nous sommes donc allés plus loin et nous avons pu assurer la distribution », note cette bénévole qui s’insurge contre un « harcèlement » à l’encontre des migrants qui se « confirme ». « Nous ne gênons personne et nous laissons l’endroit propre. En réalité, les autorités mettent la pression sur les bénévoles et veulent décourager les migrants pour qu’ils deviennent invisibles », s’exclame-t-elle.

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« Nous demandons aux associations de se décaler »

Selon le collectif, ce matin, dans les mains de la police, un « document émanant de la préfecture détaillait toutes les localisations qui nous étaient interdites ». De son côté,la préfecture de police (PP) réfute toute « interdiction » de distribution.

« Il n’y a eu aucun arrêté pris par la préfecture de police au sujet de la distribution de nourriture. En revanche, nous demandons aux associations de se décaler pour éviter les troubles à l’ordre public », indique-t-on au sein de la PP. Et face à ce même constat de « tensions », la mairie de Paris prévoit un aménagement.

« Nous réfléchissons actuellement à un aménagement spécifique »

« Il n’est pas question d’interdire la distribution de nourriture. Toutefois, depuis quelque temps, on nous fait remonter un certain nombre de problèmes, notamment de tensions et d’altercations entre migrants et avec des bénévoles, à l’entrée du centre au moment de cette distribution », explique à 20 Minutes, une source proche du dossier à la mairie de Paris.

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Selon l’hôtel de ville, au-delà de la « violence », cela pose un « problème de propreté car les déchets sont jetés par terre ». Emmaüs Solidarité, qui gère le site, a donc demandé à la mairie de se pencher sur l’organisation d’un « espace dédié » pour que l’action bénévole extérieure soit assurée dans de bonnes conditions. « Nous réfléchissons actuellement à un aménagement spécifique sur l’espace publique et à proximité pour permettre cette distribution », note cette même source.