Les petites mains s'affairent pour terminer la première tranche de travaux avant Noël, afin de dévoiler les deux premières rotondes, rue Charras (9e). Mais le plus gros du chantier, côté boulevard Haussmann et rue de Provence, reste à faire. En partie classé Monument historique, le Printemps a entamé début 2007 une rénovation de ses bâtiments, dont certains datent de 1885, pour une enveloppe de 30 millions d'euros. « Après avoir passé six ans à mettre aux normes les 45 000 m2 intérieurs, nous nous attaquons désormais à l'écrin », raconte Didier Lalande, le directeur du Printemps Haussmann. « Les immeubles, très encrassés, avaient subi plusieurs couches de peinture et des rafistolages », précise Jean-Marie Rouèche, son directeur du patrimoine.
Avec 520 m de long et 14 000 m2 de surface, les façades du Printemps sont « plus grandes que celles du Grand Palais ». Et elles bénéficient de la même attention. L'architecte, Gabor Mester de Paradj, a le souci du détail : « Nous avons cherché des photos d'époque pour recréer les mêmes décors. Nous avons fait réaliser des ardoises en forme d'écaille pour calquer sur la toiture d'origine. Et nous avons réalisé des sondages pour voir quelles parties étaient dorées, car tout avait été recouvert de peinture turquoise. » Gabor Mester de Paradj veut « retrouver le Printemps dans sa version originale », mais la technologie a été mise à contribution. Un système de diodes apposées en façade doit ainsi permettre de diviser la note d'électricité des illuminations par dix. « Et nous pourrons changer la couleur selon nos envies », précise Jean-Marie Rouèche.
Les échafaudages devraient être déplacés côté boulevard Haussmann en mars prochain, les travaux devant durer jusqu'à fin 2008. « C'est un challenge, car nous ne voulons pas interrompre la circulation du public sur le trottoir », explique Didier Lalande. Le directeur du grand magasin compte installer sur la devanture en travaux « une grande bâche » présentant l'image des bâtiments après rénovation.