Ségolène Royal, ministre de l'Environnement, lors d'un événement presse pour marquer le cap du million de vignettes Crit'air commandées.
Ségolène Royal, ministre de l'Environnement, lors d'un événement presse pour marquer le cap du million de vignettes Crit'air commandées. - Tristan Reynaud/SIPA

Ça tousse un peu au démarrage. Alors que Ségolène Royal annonçait jeudi dernier 1,4 million de vignettes antipollution « Crit’air » d’ores et déjà commandées par les Français. Au 6 janvier, on ne comptait que 533 540 Franciliens à avoir demandé leur vignette sur le site Internet dédié. C’est peu au regard des 8 millions de véhicules qui constituent le parc automobile francilien.

Ces macarons qui indiquent le degré de pollution de votre véhicule, devront être collés sur le pare-brise des voitures ou la fourche des motos à compter du 16 janvier.

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Cet engouement mitigé est-il gênant ? Un peu tout de même. Ces vignettes sont la pierre angulaire du nouveau système de lutte contre la pollution d’automobile voulu par le gouvernement. Concrètement, en cas d’épisode de pollution, « les restrictions de circulation ne se fonderont plus sur le dernier chiffre de la plaque d’immatriculation, mais sur le niveau de pollution du véhicule qui sera indiqué par la couleur de la pastille », résume Michel Cadot, préfet de police de Paris, qui a fait un point sur la question ce lundi après-midi.

Six macarons, plus les « non classés »

Six macarons sont prévus : vert pour les véhicules zéro émission (à hydrogène ou électriques), puis numérotés du « 1 » violet (pour les véhicules essence de normes Euro 5 et 6) au « 5 » gris (pour les véhicules Diesel de norme Euro 2).

A cette liste, il faut ajouter une dernière catégorie : celle des véhicules non classés, dont la première immatriculation date d’avant 1997 pour les voitures, ou d’avant le 31 mai 2003 pour les deux-roues. Ces véhicules n'auront tout simplement pas de vignettes. Théoriquement, depuis le 1er juillet dernier,cette catégorie n'a plus le droit de circuler à Paris en semaine, de 8h à 20h, qu'il y ait un pic de pollution ou non. Mais la préfecture de police de Paris ne verbalisait pas  encore sur ce point. Cette période de tolérance se termine ce lundi.

Les différentes vignettes sont attribuées selon la norme d’émissions Euro correspondant à la date de mise en circulation du véhicule et au type de moteur.
Les différentes vignettes sont attribuées selon la norme d’émissions Euro correspondant à la date de mise en circulation du véhicule et au type de moteur. - F. Pouliquen / 20 Minutes

De longs délais de livraison

« Les restrictions de circulation monteront crescendo en fonction du degré de pollution, explique Michel Cadot. D’abord les véhicules non classés, puis ceux de la catégorie 5 si cela s’aggrave, et ainsi de suite. »

Pour que le nouveau système fonctionne, il faut encore que les vignettes soient collées sur tous les pare-brise. En Ile-de-France, ce n’est pas pour tout de suite. Avec « seulement » 533 540 commandes et compte tenu de délais de livraison de plusieurs semaines, il n’y a aucune chance que les 8 millions de véhicules franciliens aient tous leur vignette sur le pare-brise lundi prochain.

Période de tolérance

Il n’y aura pas une pluie d’amendes pour autant. La préfecture de police prévoit déjà une période de tolérance. Surtout, ne pas avoir de vignette collée sur son pare-brise ne sera pas sanctionné d’une amende.

Une petite mise en situation s’impose pour y voir plus clair : Paris est en plein pic de pollution, la police vous arrête et constate que vous n’avez pas de vignette sur votre pare-brise. Si votre véhicule a le droit de circuler, ce que permet de savoir la carte grise, alors vous pouvez reprendre la route sans être inquiété. Sinon, c’est l’amende pour non-respect des restrictions d’une ZCR (Zone de circulation restreinte). Cela vous coûtera entre 68 et 135 euros.

Mieux vaut tout de même acheter sa vignette Crit’air (4,18 euros). Certes, pour l’instant, ne pas l’avoir ne donnera pas automatiquement lieu à une amende, « mais tout cela pourrait changer… très vite même », prévient Michel Cadot.

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