Patrick Ollier: «Je veux mettre en place Vélib’ dans les 131 villes de la Métropole du Grand Paris»

INTERVIEW Près d’un an après son élection à la tête de la Métropole du Grand Paris, Patrick Ollier répond aux questions de «20 Minutes»…

Propos recueillis par Romain Lescurieux

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Patrick Ollier, président de la Métropole du Grand Paris, le 5 janvier 2017.

Patrick Ollier, président de la Métropole du Grand Paris, le 5 janvier 2017. — R. Lescurieux / 20 Minutes

Cent trente-et-une villes, sept millions d’habitants. Il y a un an,la Métropole du Grand Paris voyait le jour avec à sa tête Patrick Ollier, maire de Rueil et député des Hauts-de-Seine. Douze mois plus tard et après et une première phase d’organisation et de mise en place, il détaille pour 20 Minutes ses priorités et répond au passage aux critiques de Valérie Pécresse et de François Fillon sur cette intercommunalité.

Il y a près d’un an, vous avez été élu comme premier président du conseil de la Métropole du Grand Paris, quel bilan dressez-vous ?

Dans un premier temps, je voulais que la métropole soit lisible et visible. La MGP a commencé à travailler le 1er février 2016. Sans compter le mois d’août, nous existons donc depuis dix mois. Depuis, nous avons avec les membres du bureau et les agents qui travaillent ici, réussi à lancer l’ensemble de la mécanique de création de la métropole : son budget, ses institutions, ses commissions et sa gouvernance partagée. Car je ne pouvais pas imaginer qu’une nouvelle entité de plus 7 millions d’habitants puisse être construite et organisée par un seul camp politique contre un autre. Et cela fonctionne.

En ce qui concerne ses premières compétences en matière d’environnement et de développement économique, où en est la métropole ?

Nous sommes là pour aider les maires dans leurs projets. Nous sommes un levier par les subventions que l’on donne. Dans ce sens, nous avons déjà lancé plusieurs programmes. Premièrement, je veux mettre en place Vélib’dans les 131 villes de la métropole. Pour les communes qui le veulent, nous apporterons les aides financières pour créer les stations. Nous allons aussi financer davantage de pistes cyclables pour créer des circuits de circulation douce entre Paris et la petite couronne. Dans le cadre de la lutte anti-pollution, nous avons aussi souhaité mener des actions. Soit proposer à quelqu’un qui a un véhicule datant d’avant 1996 de le détruire et de recevoir 5.000 euros de la part de la métropole pour acheter un véhicule neuf. Nous lançons aussi des idées sur le transport de passagers sur la Seine et le plan Climat air énergie de la métropole qui sera décliné par des mesures concrètes pour défendre la biodiversité et la pureté de l’air. Tout cela est en train de se mettre en place.

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A partir de cette année, la MGP va aussi commencer à pouvoir statuer en matière d’aménagement et de logement. Quelles vont être les priorités ?

Nous avons lancé le plus grand concours d’urbanisme d’Europe : Inventons la Métropole du Grand Paris. Il y a aujourd’hui 70 villes qui ont proposé 112 sites au concours. Nous sommes débordés par le succès. Nous avons visité les 112 sites et nous avons fait un bilan pour en retenir officiellement 59. Soit 300 hectares de construction financée par la métropole pour accueillir des commerces, des sites culturels et surtout des logements. Il y aura ce que le maire de la commune souhaite. Enfin, nous sommes aussi partie prenante dans l’Exposition universelle 2025 et les Jeux olympiques de 2024.

Entre les deux, avez-vous une préférence ?

Nous nous situons là où la loi nous met. Car nous avons la compétence pour l’organisation des événements sportifs et culturels internationaux. La métropole est dans le GIP (groupement d’intérêt public) des Jeux olympiques. Le GIP est l’élément moteur et nous le soutenons. En ce qui concerne l’Exposition universelle, même schéma. Nous allons travailler sur les choix des sites pour présenter une candidature cohérente. Je pense que les deux candidatures vont de pair. Nous pouvons très bien réussir les deux.

Avant votre élection, Valérie Pécresse du conseil régional d’Ile-de-France, avait lancé la charge contre la MGP en parlant d’un « contresens historique ». Désormais, c’est François Fillon qui propose de supprimer la métropole. Que répondez-vous ?

François Fillon l’a évoqué. Ce n’est pas un engagement. C’est une réflexion et il a le droit de s’interroger. S’il est élu, ce que je souhaite, nous verrons ce qu’il décidera. Valérie Pécresse, en revanche, est légitime de ne pas aimer l’existence de la métropole. Nous n’allons pas l’obliger même si ses explications ne sont pas fondées. Je n’ai aucun problème avec elle mais elle n’a jamais été élue maire. Elle n’a donc jamais participé à une intercommunalité. Elle nous voit donc comme un élément de complication. Toutefois, nous sommes en train de prendre des décisions qui rendront la métropole irréversible. Je ne vois pas comment on pourra la détricoter.