Malin comme un Macaq

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Publié le 3 décembre 2007.

Il n'a même pas 30 ans. Mais sera probablement élu en mars conseiller de Paris. Julien Boucher n'est pourtant pas un de ces djeunes que le PS aurait parachuté pour incarner le sempiternel « renouvellement des générations ». Ce Parigot à béret s'est construit tout seul. Sa place de n° 2 sur la liste du 17e arrondissement (qui sera rendue officielle d'ici à quinze jours), il l'a gagnée en étant plébiscité par la base. Sans passer par Sciences-Po. Et sans porter de cravate.

Fils d'un cheminot et d'une comptable inscrite au PS, Julien grandit dans le quartier Château Rouge (18e), où il ne brille pas à l'école. « Des capacités, mais indiscipliné », disent ses professeurs. A 15 ans, il s'inscrit en CAP carrosserie, et rencontre le compagnonnage lors d'une journée portes ouvertes. Il vadrouille trois ans en France, travaille comme un fou, s'éclate avec les bagnoles mais supporte mal certains discours racistes, lui a qui a un frère adopté d'origine ivoirienne.

Après deux ans de service militaire à Djibouti, il revient et lance Macaq (Mouvement d'animation culturelle et artistique de quartier) avec une bande de copains. « J'habitais dans le 17e et c'était le désert culturel. Rien. Surtout pour les jeunes. » Lui veut se « réapproprier l'espace public » pour « faire disparaître le sentiment d'insécurité ». Concerts, vide-greniers, vernissages : il faut des lieux. On ne leur en ouvre pas ? Macaq va les forcer. L'heure est aux squats : une trentaine, ouverts plus ou moins durablement dans Paris, accueille des troupes de théâtre comme des cours de danse. Julien, marié et père de famille, travaille parallèlement dans... l'immobilier, job alimentaire. Surtout, il milite à « la gauche du PS, pour relayer les problèmes de terrain dans un parti de masse ». Parmi eux, le logement. « Dans nos squats, on a vite dû héberger des dizaines de personnes. » Les actions coup-de-poing de ces nouveaux militants se multiplient et en 2006, le combat de Julien prend une autre dimension avec l'installation, rue de la Banque (2e), d'un « ministère de la Crise du logement ». Début d'une carrière qui, d'après ses proches, pourrait le mener un jour à un vrai ministère.

Michaël Hajdenberg - ©2007 20 minutes
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