M6 diffuse dimanche 1er janvier
M6 diffuse dimanche 1er janvier - Xavier Desmier / M6

De belles images prises au plus près d’animaux sauvages, le tout dans la plus belle ville du monde : Paris. Preuve que la nature est de retour dans la capitale, le réalisateur Frédéric Fougea en a fait un film de 90 minutes. La plus belle ville du monde, sera diffusé le dimanche 1er janvier, à 21h, sur M6. Entre fiction et réalité, le film suit les destins croisés d’une quinzaine d’animaux-personnages à travers Paris, le tout raconté avec la voix de l’actrice Audrey Fleurot. Frédéric Fougea nous explique tout.

Frédéric Fougea.
Frédéric Fougea. - Boreales-winds-TMFS

Comment expliquez-vous déjà le retour de la vie sauvage à Paris ?

C’est un sujet très profond et fascinant. D’abord, la ville elle-même a changé. Depuis 2006, les espaces verts de la ville n’utilisent plus aucun pesticide. Quand on les supprime, d’un seul coup, les insectes reviennent. Puis toute une chaîne se met en place derrière. S’il y a des insectes, les oiseaux reviennent. S’il y a des oiseaux, d’autres prédateurs apparaissent. Tout cela est un cercle vertueux. Depuis dix ans, Paris est devenue la terre d’accueil de plus en plus d’espèces, le terreau inattendu d’une biodiversité foisonnante. On recense aujourd’hui 3.000 espèces sauvages vivant à Paris.

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L’abandon des pesticides expliquerait à lui seul le retour de la vie sauvage à Paris ?

Non. Le point de départ du retour de la nature à Paris est plus ancien. On peut le remonter à Catherine de Médicis au 16e siècle. Paris s’était construit jusque-là sans arbre, sans espaces verts, sans rien de naturel. Elle est devenue alors invivable. Catherine de Médicis a alors rapporté une mode d’Italie qui s’appelait la promenade. Pour se promener, les nobles voulaient des jardins. La reine donnera ainsi naissance au Jardin des Tuileries que coloniseront rapidement insectes et oiseaux. Ce retour de la vie sauvage à Paris est donc le fruit d’un long processus. Mais il a été accéléré par plusieurs facteurs au début des années 2000. L’abandon des pesticides, mais aussi l’envie des urbains d’avoir plus de nature autour d’eux. On s’est mis à cultiver des plantes, installer des ruches et des potagers sur les toits…

Vous n’avez eu donc aucun mal pour trouver les quinze personnages de Paris, plus belle ville au monde ?

Il y a tout ce qu’il faut à Paris. Il faut juste savoir regarder. Dans le film, on suit ainsi un renard, un faucon qui vient tout juste de revenir à Paris où il niche dans des gratte-ciel dans le 15e ou sur la tour Eiffel, des oiseaux migrateurs comme l’oie bernache, mais aussi un ragondin, des silures, ces grands poissons parfois de 2,50 m arrivés d’Europe de l’Est, ou encore le Bombyx, un papillon venu d’Asie et installé à Paris depuis 150 ans. On le trouve notamment sur la butte Montmartre.

Un bombyx sur un arbre non loin de la butte Montmartre.
Un bombyx sur un arbre non loin de la butte Montmartre. - Cyril Ruoso / M6

Comment fait-on pour filmer ces animaux ?

Nous avons utilisé 100 technologies différentes dans ce film. Le drone ou l’ULM pour les prises de vues aériennes. Des images en bateau, des travellings, des mouvements de grue et beaucoup aussi d’effets spéciaux. Ce film a nécessité deux ans de tournage et mobilisé en tout 300 personnes.

De nombreuses technologies ont été utilisées dans ce film pour suivre les animaux sauvages.
De nombreuses technologies ont été utilisées dans ce film pour suivre les animaux sauvages. - Xavier Desmier / M6

Votre film montre à un moment des loups remontant à toute vitesse les Champs-Elysées… Quelle liberté avez-vous pris avec la réalité ?

On a fait venir une quinzaine de loups sur les Champs-Elysées. C’est une allégorie. Je voulais rappeler que Paris avant d’être Paris était une forêt, un marais sauvage. Il y a beaucoup d’autres mises en scène dans ce film. La plus belle ville du monde n’est pas un documentaire, mais plus à voir comme un conte où les destins de quinze animaux se croisent et se recroisent.

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Avez-vous le sentiment que les Parisiens peinent à prendre conscience de la nature qui les entoure ?

Pour la majorité des Parisiens, oui. Chose amusante, beaucoup de gens a qui j’ai déjà montré le film m’ont appelé dans les jours qui suivent pour me dire : « Tu ne devineras pas ce que j’ai vu ce matin… Un papillon ici, un faucon là… » Si on regarde bien, on la voit la nature à Paris. C’est juste que nous sommes le plus souvent concentrés sur ce qu’on fait : notre boulot, la ville…

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