Votre voisin de bureau baille sans cesse et avale café sur café ? Il souffre peut-être, comme près d'un Francilien sur deux, de manque de sommeil. « Le bruit, dans la rue ou causé par le voisinage, le stress professionnel, le temps trop long passé dans les transports, tout cela pèse sur le sommeil », fait remarquer le Pr Damien Léger, responsable de l'unité des troubles du sommeil à l'hôpital de l'Hôtel-Dieu (1er), qui organise ce soir une conférence sur le sujet*. L'insomnie, qui correspond à trois mauvaises nuits par semaine depuis au moins un mois, touche 26 % des Franciliens, sept points de plus que la moyenne nationale.
L'Hôtel-Dieu hospitalise un millier de patients par an, sur qui sont pratiqués des enregistrements du rythme cérébral et du tonus musculaire pendant qu'ils dorment. S'ensuit généralement la prescription de somnifères associés à des « traitements comportementaux ». «Nous apprenons aux patients à respecter leur horloge biologique, explique le Pr Léger. Par exemple, les personnes qui vivent en horaires décalés sont placées sous des lampes de haute intensité afin de remettre à l'heure leur organisme. Ce signal lumineux les réveille le matin et leur permet de bien dormir le soir. »
Les secrets d'une bonne « hygiène de sommeil » sont, selon lui, « la régularité des horaires du lever et du coucher, l'exercice physique - sauf le soir -, l'exposition à la lumière et l'absence d'excitants ».