Deux adolescents de 15 et 16 ans sont morts hier après-midi dans la ZAC dite « de la Tolinette » à Villiers-le-Bel (Val-d'Oise). Ils roulaient à moto lorsqu'ils ont heurté une voiture de police dans des circonstances qui restaient floues hier soir. « Il ne s'agissait pas d'une course-poursuite », a simplement précisé la police, cependant accusée par les jeunes du quartier d'être responsable de l'accident. Pour Omar Sehhouli, frère d'une des deux victimes, « Moushin et son ami Larami étaient partis faire du cross dans les champs. Il faut que tous les policiers responsables [de l'accident] soient condamnés. » Il estime que les troubles qui ont suivi l'accident ne sont « pas de la violence, c'est de la rage qui s'exprime. Ces deux petits, tout le monde les connaissait dans la cité, et ils n'avaient pas de casier judiciaire. »
Très vite après le drame, des incidents ont éclaté. Un commissaire de police a été blessé alors qu'il tentait de mettre un terme aux échauffourées. Il souffre d'un traumatisme facial et a dû être transporté à l'hôpital. Le maire (PS) de Villiers-le-Bel, Didier Vaillant, s'est lui aussi rendu sur place pour tenter de calmer les jeunes, mais il a dû rebrousser chemin, selon un témoin cité par l'AFP. D'après un autre habitant, vers 18 h 30, « entre cinquante et cent jeunes ont brûlé des poubelles et des voitures. Quatre véhicules de police se sont déplacés, mais ont été attaqués par les jeunes et sont repartis. » Certains adolescents seraient alors montés sur des poteaux électriques pour briser les ampoules et plonger le quartier dans le noir, ce qu'ils ont réussi à faire vers 21 h. Puis, aux abords de la cité, des jeunes ont commencé à tirer sur les policiers avec, selon ces derniers, « des fusils à grenaille ». Avant de se diriger vers le poste de police de Villiers-le-Bel, auquel ils ont mis le feu. Deux garages ont également été incendiés à Villiers-le-Bel et un troisième à Gonesse, selon la préfecture. Au moins sept policiers auraient été blessés au cours des incidents. Vers 22 h et face à des jeunes très mobiles, la police hésitait hier soir sur la stratégie à adopter. La nuit s'annonçait extrêmement tendue.