Paris: 17, 112 ou 18, une plateforme centralise désormais tous les appels d’urgence

SECURITE La préfecture de police de Paris a inauguré ce mardi la plateforme des appels d’urgence (PFAU) située à la caserne Champerret (17e). Le but : « mutualiser pour mieux sauver »…

Romain Lescurieux

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La plateforme des appels d'urgence est située à la caserne Champerret (17e)

La plateforme des appels d'urgence est située à la caserne Champerret (17e) — R.LESCURIEUX

« Police j’écoute, quelle est votre urgence ? » Les yeux sont rivés sur les écrans d’ordinateurs tandis que les opérateurs, casques vissés sur la tête, ne cessent de traiter les appels entrants. Cambriolage, agression, incendie, rixe ou plus simplement demande d’informations sur les pharmacies de garde, tout est susceptible d’y passer. Et pour cause.

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Les appels vers les trois numéros d’urgence – 17, 18 et 112 – sont désormais centralisés sur une seule et même plateforme. Celle-ci, située dans les sous-sols de la caserne Champerret (17e arrondissement) a été inaugurée ce mardi après plusieurs mois d’essai, par le préfet de police de Paris, Michel Cadot. Le but : « mutualiser pour mieux sauver » en « ciblant plus rapidement l’urgence » sur le territoire parisien et la petite couronne. Et ce, 24 heures sur 24, 7 jours sur 7.

Le centre d'appels d'urgence ce mardi matin
Le centre d'appels d'urgence ce mardi matin - R.LESCURIEUX

32 opérateurs dans un espace de 1.000 m2

« C’est une inondation ? », demande au téléphone l’une des opératrices de la brigade de sapeurs-pompiers de Paris (BSPP). Non loin d’elle, un collège de la police questionne aussi son interlocuteur : « C’est une agression ? Pouvez-vous me donner votre adresse ? » Selon la préfecture de police (PP), cette mutualisation pompiers-police dans un même lieu physique est l’une des forces de la plateforme des appels d’urgence. « Jusque-là, ces appels étaient reçus dans des salles séparées et distantes les unes des autres. Désormais, les équipes sont unifiées et coordonnées pour une plus grande efficacité opérationnelle », affirme Michel Cadot.

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En tout, 32 opérateurs dans un espace de 1.000 m2 se partagent les appels en fonction de l’urgence. Soit, le deuxième avantage de la PFAU, selon le préfet. « Le traitement se fait en deux temps. Une première salle fait une sélection rapide des appels et les fait remonter en fonction de l’urgence vers une seconde salle où est apportée une réponse immédiate », détaille Michel Cadot. « Je saisis l’adresse, le motif et je fais partir les secours », glisse William, 30 ans, opérateur de la BSPP.

Le nombre d’appels d’urgence en augmentation

Selon la préfecture de police, cette organisation est « nécessaire » compte tenu de la « progression continue des appels d’urgence en France et particulièrement sur l’agglomération parisienne ». Chaque année, le nombre d’appels augmente en effet de 15 % mais tous n’ont pas un caractère « urgent ».

Depuis le 19 janvier, la plateforme a été appelée 600.000 fois (près de 7.000 fois par jour) et 4 % des appels au 17 ont été identifiés comme « très urgents », 10 % pour le 18 et 1 % pour le 112. Par ailleurs, 43 % des appels sont, eux, identifiés comment « non urgents » et filtrés par le niveau 1. Dans le même temps, l’urgence absolue et « avérée » devrait, elle, être aussi mieux gérée.

Une plateforme qui « répond aux leçons collectives tirées des attentats »

Cette plateforme – cofinancée à hauteur de 4 millions d’euros par la préfecture de police et la mairie de Paris – « répond aux leçons collectives tirées des attentats » durant lesquels les lignes téléphoniques étaient saturées et constitue donc « un avantage immédiat en matière d’efficacité », assure Michel Cadot. D’autant que cette plateforme qui « répond parfaitement à la menace », d’après la PP va encore évoluer ces prochaines années, pour « faire face à des situations de crise qui pourraient se renouveler ».

« L’élargissement de la plateforme au département des Hauts-de-Seine et du Val-de-Marne est prévu pour l’été 2017 », note Jacques Méric, patron de la Direction de la sécurité de proximité de l’agglomération parisienne (DSPAP). De plus, la plateforme pourrait prochainement prendre en compte les sms, lorsque les appels ne sont pas possibles à cause d’une situation d’extrême d’urgence. Enfin, un rapprochement avec le SAMU est également à l’étude.