Danielle Simonnet pendant la campagne des municipales à Paris en octobre 2013.
Danielle Simonnet pendant la campagne des municipales à Paris en octobre 2013. - REVELLI-BEAUMONT/SIPA

« Madame Simonnet, vous avez deux minutes ! » De son spectacle qu’elle jouera jeudi soir au théâtre Clavel, la conseillère de Paris et coordinatrice du Parti de Gauche ne dévoile que cette première phrase. Un clin d’œil au conseil de Paris où Danielle Simonnet, comme les autres, a des prises de parole chronométrées.

Frustrant pour cette politicienne qui manie rarement la langue de bois et s’emporte souvent avec passion sur les sujets qui la révolte. « Vous la mettez toute seule dans le désert, elle finit par faire une manif’avec les grains de sable », sourit Tifen Ducharne, du Parti de Gauche aussi et qui a rencontré Danielle Simonnet sur les bancs de la fac à Nanterre.

« Ce que c’est que d’être une femme en politique »

Alors, au théâtre Clavel, Danielle Simonnet prendra sa revanche. Pendant une heure et quinze minutes, elle sera seule en scène devant une centaine de spectateurs plongés dans la pénombre et, pour une fois, avec personne pour l’interrompre. « Du jamais vu », écrit-elle en évidence sur l’affiche de son seul-en-scène.

Elle parlera pour l’essentiel de son combat contre l’uberisation de la société et de sa rencontre avec les taxis parisiens. « C’est l’un de ses combats les plus récents mais pour lequel elle a fait des rencontres qui l’ont beaucoup touchée », raconte Tifen Ducharne. Mais Danielle Simonnet parlera aussi d’elle, « de ce que c’est que d’être une femme en politique, précise l’élue qui renvoie alors au titre du spectacle : « Uber, les salauds et mes ovaires ».

« Son vécu, son ressenti »

C’est le risque que prend Danielle Simonnet dans ce seul-en-scène. « Parler d’elle-même », raconte Papy. Ce spécialiste de l’improvisation théâtrale, qui a contribué à lancer Djamel Debbouze il y a 25 ans, a accepté de travailler avec Danielle Simonnet dans la mise en scène du spectacle. « Ce n’est pas un simple discours politique prononcé par un tel mais le plus souvent écrit par un autre, poursuit-il. Voilà ce qui m’a plu dans ce projet. Danielle Simonnet parle d’un thème qui lui est cher et, comme on le fait pour un stand-up, y ajoute son vécu, son ressenti. Ses tripes tout simplement. »

La conseillère de Paris ne part toutefois pas dans l’inconnue. Cette nouvelle façon de faire de la politique a même déjà un nom : « les conférences gesticulées », un concept théorisé par Franck Lepage, militant de l’éducation populaire, et auquel s’intéresse depuis de longues années le Parti de Gauche jusqu’à proposer des stages à ses membres. Danielle Simonnet en a suivi un cet été. « Quatre jours début juillet, quatre autres fin août ponctués par une première représentation aux Remue-Méninges, l’université d’été du Parti de Gauche », précise Tifen Ducharne.

Déjà des criées dans le métro

Une formation express, mais son amie n’est guère inquiète : « L’exercice colle bien à la personnalité de Danielle. » Ce n’est effectivement pas la première fois que la conseillère de Paris sort des sentiers battus pour se faire entendre. « Comme les criées dans le métro que nous avons commencé toutes les deux peu après la fac, se souvient Tifen Ducharne. Nous rentrions alors dans la rame d’un métro, nous faisions une rapide intervention avant de descendre à l’arrêt suivant. »

Comme aussi cet été, lors d’une intervention au conseil de Paris sur l’implantation de la fondation Pinault à la Bourse du commerce. « Après m’être un peu moqué de la famille Pinault, j’avais terminé mon discours en chantant "Merci patron" », raconte-t-elle. Jean-Louis Missika, adjoint PS d’Anne Hidalgo, lui avait alors conseillé de s’essayer au one- (wo) man-show.

Voilà, c’est fait. Danielle Simonnet prévoit pour l’instant trois dates : le 6 octobre, à 21h30, ainsi que les 13 novembre et 18 décembre, à 20h.

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