Dès janvier 2008, la RATP publiera sur son site les résultats de la qualité de l'air dans ses infrastructures, a annoncé hier Nathalie Kosciusko-Morizet, en visite sur le réseau de la Régie à Paris. Une convention avec Airparif devrait être signée d'ici là pour que l'organisme reprenne les données sur son site. La RATP possède cinq stations de mesures permanentes, à Franklin-D.-Roosevelt, Auber, Nation et Châtelet, où sont installées deux bornes. La secrétaire d'Etat chargée de l'Ecologie souhaite également mettre en place « un indice sur la qualité de l'air intérieur. Pour l'instant il n'y en a pas, alors que nous passons 85 % de notre temps dans un espace confiné. »
Dans un contexte où les pouvoirs publics cherchent à réduire les déplacements en voiture, Nathalie Kosciusko-Morizet prend des pincettes au moment d'aborder la question de la pollution de l'air dans les métros et les RER. « Plusieurs études ont démontré que la qualité de l'air dans les voitures est aussi problématique », rappelle d'emblée la secrétaire d'Etat. Airparif a en effet publié une étude le mois dernier montrant que « les automobilistes sont nettement plus exposés à la pollution atmosphérique que les piétons ». Mais cette étude portait sur le dioxyde d'azote, alors que ce sont les particules qui posent problème dans le réseau souterrain de la RATP, comme l'a soulevé Nathalie Kosciusko-Morizet. « C'est le seul polluant pour lequel les résultats sont négatifs. »
Hier matin à la station de RER Auber, la borne de mesure affichait 358 microgrammes de particules par m3 d'air. Ce taux est d'environ 50 microgrammes à l'extérieur. Surtout, la norme européenne à ne pas dépasser est de 25 microgrammes. « Et nous visons 15 microgrammes », a ajouté la secrétaire d'Etat. C'est le système de freinage des rames et leur frottement contre les rails qui sont à l'origine de ces particules ultra-fines que nous respirons. Sur les conséquences de cette pollution, la RATP reste floue. Ses études ne seraient pour l'instant pas assez complètes. « On sait que les particules du métro et du RER sont moins fines que celles dans l'air extérieur, elles pénètrent donc moins dans les poumons », tient tout de même à préciser Valérie Jouannicke, médecin du travail, chargée de plusieurs études sur le sujet à la RATP.
Reste maintenant à savoir comment réduire ces particules. « Plusieurs dispositifs ont été testés. Le plus probant, c'est une meilleure ventilation de l'air », explique Nathalie Kosciusko-Morizet. « Les systèmes de freinage sur les nouvelles rames améliorent également de 30 % le taux de particules dégagées dans l'air. » Mais le faible taux de renouvellement du matériel de la RATP, qui ne sera remplacé complètement qu'en 2020, est un vrai frein à une rapide amélioration de la situation.