Le Stade Français connaît son futur stade. Il le foulera en 2011 et sera construit sur la base d'un projet de Rudy Ricciotti. Cet architecte a remporté hier le concours lancé par la Mairie de Paris visant à agrandir le stade Jean-Bouin (16e). Le maire (PS) Bertrand Delanoë présidait le jury d'attribution, qui accueillait également en son sein le président du club parisien, Max Guazzini, et son entraîneur Fabien Galthié. Rudy Ricciotti l'a emporté en finale face à quatre autres compétiteurs. Le nouveau stade pourra accueillir 20 000 spectateurs au lieu des 10 000 actuels. Par ailleurs, le programme comprend la création de tribunes, de loges, de vestiaires, de locaux de surveillance, de billetterie. Un parc de stationnement de 500 places est également prévu, ainsi que la création de surfaces commerciales.
Le coût des travaux, qui débuteront à l'été 2009, devrait s'élever à 80 millions d'euros hors taxe. Une somme que d'aucuns jugeront excessive quand on sait que le stade Charlety (13e), qui abrite 15 000 places (certes pas toutes couvertes), aurait pu accueillir la prestigieuse équipe de rugby de la capitale. Mais le Stade Français et Max Guazzini voulaient rester à Jean-Bouin...
Dans sa présentation du projet, le lauréat avait expliqué vouloir privilégier « la poésie et le corps au diktat du fonctionnalisme et de l'effort ». D'où l'asymétrie et l'ondulation du projet, qui s'affranchit de la forme ovale classique des stades. Par ailleurs, « l'absence de grille libère le stade d'une frontière physique et mentale en réconciliant complexe sportif de haut niveau et son espace public ». Bref, d'après Rudy Ricciotti, « Jean-Bouin sera légitimement sexy ! » Comme ses occupants, ponctueront les fans du lieu.