Des patrons en meules bleues
Des patrons en meules bleues - R.LESCURIEUX

« Ce n’est que du bonheur, de la liberté et du sourire. » Casque rose sur la tête et cape bleue sur les épaules, Benoît, 45 ans, descend de sa « meule ». « Nous avions fait le pari de venir à Paris à mille. C’est presque réussi », se félicite ce chef d’entreprise au pied de la Tour Eiffel, dans le vrombissement des pots d’échappement.

Ce dimanche, 700 chefs patrons déguisés en superhéros et venus de toute la France ont chevauché leurs mobylettes bleues dans les rues de la capitale de Neuilly au Champs-Elysées en passant par la Tour Eiffel, à l’occasion de la 3e édition du Grand Prix Meule Bleue qui a fait étape dans une vingtaine de villes en treize jours. L’objectif : Lutter contre la morosité. Sans parti politique, syndicat ou revendication derrière, cette initiative vendéenne a germé dans la tête de quelques chefs d’entreprise de secteur confondus.

« Nous avons du talent. Alors, innovons ensemble »

« Il y a trois ans, une entreprise de construction qui s’appelle Maison Bleue, fêtait ses 14 ans. Et 14 ans, c’est l’année de la mobylette », explique Dominique, qui fait partie de l’équipe organisatrice : « Alors, pour fêter ça, nous avons organisé un rassemblement avec des patrons mais aussi des salariés de 150 entreprises. Trois ans plus tard, nous sommes 700 boîtes ». Et ce, avec un message. « Les entreprises sont positives en France. Il y en a marre de taper sur l’entreprise et de mettre le chef d’entreprise et les salariés à dos. On veut montrer que le chef a besoin de ses salariés et les salariés du chef. Nous avons du talent. Alors, sortons la tête du guidon et innovons ensemble. »

Sur le pont d'Iena
Sur le pont d'Iena - R.LESCURIEUX

Ouvrier bordelais, Jean-Claude, 26 ans, admire le spectacle assis sur la « meule » de ses 14 ans. « C’est mon patron qui m’a proposé de participer à l’événement et j’ai tout de suite accepté. C’est vraiment une journée placée sous le signe de la déconne », affirme-t-il. Venu aussi pour la première fois, Michel, 55 ans, chef d’entreprise vendéen veut montrer qu’on peut lutter contre la sinistrose. « Il faut faire la fête tous ensemble », dit-il.

« Levier de cohésion », selon les organisateurs, cet événement est aussi « un moment de partage unique avec ses équipes autour d’une grande fête sous le signe de la convivialité » tout en prouvant que « les idées les plus folles font avancer le monde ». « Ça vaut tous les séminaires du monde », reprend Dominique. Malgré parfois quelques galères et déconvenues sur les 15 kilomètres de parcours.

« Je ne suis même pas arrivée jusqu’à l’Arc de Triomphe »

« Je suis tombée en panne », s’exclame Marie-Christine, 54, ans, habituée cette manifestation. « Je ne suis même pas arrivée jusqu’à l’Arc de Triomphe », préfère-t-elle rigoler car elle est loin d’être la seule. Selon les organisateurs, 30 % des participants tombent en panne. « Elles ne fonctionnent pas toujours bien les mobylettes mais il y a beaucoup d’entraide. On se file des pièces », note Dominique, pour qui le plus important est d’être à Paris.

« C’était un défi de venir à Paris », note Dominique. Selon lui, « avoir les Champs-Elysées et la Tour Eiffel bloqués dans le contexte actuel, ça prouve que tout est possible. »

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