BONDY - Bilan provisoire: un mort et 52 blessés, dont 10 très graves...
Mardi 30, une explosion a eu lieu à Bondy (Seine-Saint-Denis).
Pour l'instant, le bilan s'élève à un mort - a priori un homme - et 47 blessés,
dont 10 dans un état grave, le pronostic vital étant «très réservé» pour quatre d'entre elles, selon la préfecture. Par ailleurs, «deux ou trois personnes sont recherchées».
Que s’est-il passé?
L'explosion suivie d'un incendie est «la conséquence d'une canalisation de gaz naturel endommagée lors de travaux», a expliqué Gaz de France, dans un communiqué lapidaire. «Un tractopelle qui a ébréché la conduite de gaz» lors de travaux de voirie, a précisé le maire PS de Bondy, Gilbert Roger. Quand la fuite de gaz a été constatée, des ouvriers du chantier ont tenté d’alerter les riverains: « Eteignez vos cigarettes! Fermez vos fenêtres!». On ne sait pas encore quelle est la source de l’étincelle qui a allumé la torchère.
En quel matériau était la conduite?
Depuis l’explosion de Dijon, en décembre 1999, GDF s’est engagé à remplacer toutes les conduites obsolètes en fonte «grise», un matériau cassant, avant la fin 2007. La conduite de Bondy était en polyéthylène.
Les procédures ont-elles été bien respectées?
Ce sera à l’enquête de le déterminer. Dans les chantiers de travaux publics, le maître d’œuvre (par exemple la mairie) doit adresser aux divers exploitants du sous-sol une demande de renseignement,
explique la fédération nationale des travaux publics (FNTP). Il doit ensuite communiquer les plans aux entreprises. Statistiquement, seul un maître d’œuvre sur dix fait une demande de renseignement, assure la FNTP. De toute façon, quand une entreprise obtient un marché, elle fait elle aussi une déclaration d’intention de commencement de travaux et demande les plans aux divers exploitants, dont GDF, qui les fournissent.
Le plan fourni aux ouvriers était-il exact?
Non, selon le procureur de Bobigny. Les travaux de creusement devaient se faire sur une profondeur de 60 cm. Or,
le plan de ces travaux n'indiquait pas de canalisation à cette profondeur. «Il est très fréquent que les plans soient inexacts» assure la FNTP, qui a d’ailleurs lancé avec GDF une campagne de sensibilisation aux risques sur les chantiers. Les investigations vont devoir reprendre l'historique de toutes les réfections de la voirie à cet endroit pour expliquer ce décalage entre la réalité et le contenu des plans, a expliqué le procureur, précisant que cette enquête portait aussi sur les conditions de l'explosion qui aurait eu lieu environ un quart d'heure après le début de la fuite, d'après certains témoignages.
P. K.