Île-de-France: Mais pourquoi donc la Région a si peu de bus climatisés ?

TRANSPORT Plus encore que les trains, seule une petite partie des 9.500 bus et cars circulant en Île-de-France n’ont pas la climatisation. Paradoxalement, ce sont les plus vieux qui ont l’option. Explication…

Fabrice Pouliquen

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Un bus dans le centre de Paris, le 14 mars 2014

Un bus dans le centre de Paris, le 14 mars 2014 — Kenzo Tribouillard AFP

Distribuer des bouteilles d’eau dans les gares en période de canicule, c’est bien. Mais climatiser les transports en commun franciliens serait mieux encore. C’est ce que dit en substance la Fnaut Ile-de-France, association des usagers de transports qui avait adressé un courrier en ce sens à Valérie Pécresse le 9 juillet dernier.

Deux tiers des trains circulant en Ile-de-France ne sont actuellement pas climatisés, indiquait le Stif (Syndicat des transports d’Ile-de-France) en marge de sa distribution de 100.000 bouteilles d’eau jeudi dans cinq gares parisiennes.

Une minorité de bus climatisés

Mais plus que les trains, Marc Pélissier, président de la Fnaut Ile-de-France, met l’accent sur les bus et cars franciliens dont le taux d’équipement en climatisation et ventilation réfrigérée est encorte plus faible. Là encore, le Stif le reconnaît. Sur les 4.500 bus du réseau RATP, seuls 400 sont équipés de climatisation. Sur le réseau hors RATP (5.000 bus et cars), 90 % des 2.000 cars sont climatisés, mais seulement 44 % des 3.000 bus.

Les autres véhicules sont équipés au mieux de vitres athermiques, permettant de stopper les rayonnements infrarouges, soit de ventilations mécaniques renforcées, faisant passer de l’air dans l’habitacle, mais non réfrigéré. « Ces deux mécanismes apportent un peu plus de confort aux passagers mais ils sont tout de même moins efficaces qu’un vrai système de climatisation », indique Laurent Probst, nommé à la tête du Stif par Valérie Pécresse, présidente de la région Ile-de-France.

Une décision politique des élus EELV ?

Paradoxalement, ce sont les cars et bus les plus anciens qui bénéficient de la climatisation. « La conséquence d’une décision politique des élus EELV (Ecologie-Les Verts) de l’ancienne majorité au conseil régional d’Ile-de-France, assure Laurent Probst. Il y a sept ou huit ans, ils ont décidé d’arrêter d’acheter des bus climatisés. Ce n’était pas tant pour une question de coût, mais pour des raisons écologiques, ces élus estimant que la climatisation entraînait une surconsommation de carburant. »

A la RATP, on apporte toutefois un complément d’informations. « Des essais ont montré que les systèmes de climatisation non seulement entrainaient des surconsommations de carburant, mais qu’ils avaient aussi un impact finalement réduit sur la baisse de température à l’intérieur du bus, du fait de l’ouverture fréquente des portes (en moyenne tous les 300 mètres). »

Mais pour la Fnaut, qui compile les messages et tweets d’usagers excédés, cette absence d’équipements dissuade les Franciliens de prendre le bus. Parfois, on l’imagine, au profit de la voiture. « De nombreux réseaux dans des grandes villes au climat comparable à l’Ile-de-France sont dotés d’un parc de bus et cars bien mieux réfrigérés que le nôtre, note Marc Pélissier. C’est le cas de Lyon, d’Orléans, de Rouen… »

Les dernières acquisitions toujours sans climatisation

La durée de vie d’un bus est en moyenne de dix ans et la région-capitale en achète chaque année 750. Soit deux par jour. D’où la question de la Fnaut posée à Valérie Pécresse dans le courrier du 9 août dernier. La nouvelle présidente de région, arrivée en janvier dernier, a-t-elle prévu de réintégrer l’option climatisation dans l’achat des futurs bus franciliens ?

« Aujourd’hui, non, répond à 20 Minutes Laurent Probst. Tout simplement parce que les nouvelles acquisitions se font encore dans le cadre juridique élaboré par l’ancienne équipe du Stif. Mais nous préparons un nouveau plan bus qui sera voté avant la fin de l’année. » Sur ce point, le nouveau directeur du Stif dit avoir reçu une feuille de route claire de Valérie Pécresse : « Nous voulons des bus écologiques, certes, mais qui prennent aussi en compte le confort des passagers. Ils seront donc dotés d’un système de climatisation ou de réfrigération. Nous cherchons une solution en ce sens. »

Pour les trains, pour lesquels Laurent Probst dit recevoir le plus de plaintes d’usagers pour l’absence de climatisation, le nouveau conseil du Stif a déjà donnéses grandes orientations le 30 mars dernier. Le plan de modernisation prévoit le renouvellement ou la rénovation de 708 trains avant 2021. « Ils offriront tout le confort moderne, promet le Stif. Dont la climatisation. »

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