La vision des infirmières de Montfermeil

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Publié le 23 octobre 2007.

REPORTAGE - «20 Minutes» a passé une semaine dans un collège de Montfermeil. 2e jour.

«20 Minutes» a passé une semaine dans un collège de Montfermeil. 2e jour.


 

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Bobo au pied, mal de ventre, écorchure après un rugby sur bitume ou hématome sous l'ongle: les infirmières du collège Jean-Jaurès de Montfermeil (93) en voient de toutes les couleurs. Elles soignent et apaisent: «On n'est pas des piqueuses. 80% de notre travail, c'est du relationnel», explique Anne-Marie, l'une des deux infirmières qui tournent dans l'établissement.

Du coup, le macadam qui arrache la peau des genoux n'est pas leur principal ennemi. «Derrière un mal de tête, il y a un malaise. Pas toujours conscient. Et on a un gros problème avec la télé», dit l'infirmière. Lors d'un «sondage» réalisé dans une classe de CP de Montfermeil, l'institutrice a découvert que sur 23 élèves, 17 avaient la télé dans leur chambre.

«Eh oui! Maintenant, le cadeau classique pour les 6 ans, c'est la télé dans la chambre. Dans beaucoup de familles, il y a trois ou quatre télés.» Avec des conséquences graves, selon l'adjoint du principal: «Il y a beaucoup de programmes violents, et quand ils sont dans leur chambre, personne ne contrôle ce que les enfants regardent.»

Les infirmières ont identifié des conséquences directes sur la santé des enfants. «Ils sont épuisés, et c'est normal. A 12 ans, on doit se coucher à 21h30. Pas à 1h, 2h ou 3h du mat, comme ça leur arrive souvent. Sans compter que la télé excite et empêche de trouver le sommeil.» D'où l'affluence d'élèves souffrant de maux de crâne qui défilent à l'infirmerie toute la journée.

Autre conséquence, l'explosion de la balance. Ce matin, Laurence* a craché le morceau, les larmes aux yeux, après plusieurs visites où elle n'explicitait pas son mal-être : «Je ne me supporte plus. Je n'ai que ça dans ma tête. Mon poids.» Anne-Marie songe à l'envoyer chez un nutritionniste. «Elle n'a pas faim, c'est compulsif.» La prochaine fois, elle la verra avec le médecin scolaire, qui ne passe que de temps en temps. Ils lui parleront de la télévision. «Un repas équilibré, c'est un repas pris autour d'une table, où on discute. Pas des cochonneries avalées devant l'écran.» Mais selon elle, le combat est quasi vain: «Les parents ne comprennent pas quand on le leur dit. Pour eux, c'est juste une activité normale. Pendant ce temps, les enfants ne font pas de bêtises.»

A suivre....

* le prénom a été changé.

M. Hajdenberg
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