«En cas d'incident, il faut réagir très vite»

0 contributions
Publié le 22 octobre 2007.

REPORTAGE - «20 Minutes» a passé une semaine dans un collège sensible de Montfermeil, en Seine-Saint-Denis. 1er jour...

«20 Minutes» a passé une semaine dans un collège sensible de Montfermeil, en Seine-Saint-Denis. A Jean-Jaurès, la communauté enseignante se bat pour garder les élèves du secteur face à la concurrence du privé.

1er jour


Nathalie est en pleurs. Jérôme en colère. Leurs deux fils et jumeaux de 11 ans, tous deux inscrits en classe de 6e au collège Jean-Jaurès de Montfermeil (93) ont été frappés par un de leurs camarades. Valérie, une des CPE (conseillère principale d'éducation) du collège, les reçoit dans son bureau.

Au départ, l'événement semblait pourtant mineur : Emile, très bon élève, à la voix et au physique fluets, a demandé à Kevin, fils d'une famille des Bosquets, de ne pas rigoler en cours. Kevin lui a mis un coup de pied et, après la classe, l'a poussé dans l'escalier. A la sortie, le père d'Emile a passé une soufflante au petit Kevin, qui a non seulement répondu du haut de son 1,60 m, mais mis un coup de pied dans la voiture du père. Ce matin, les deux enfants ont été convoqués. La CPE demande à Kevin de s'excuser par écrit, l'affaire semble réglée. Mais à la récré, accompagné de deux copains, il retrouve Emile, le bouscule, et met une claque à son frère. Les deux jumeaux déboulent en larmes. Kevin est rappelé : « C'est le collège ici, pas la cité », crie Valérie trois fois plus fort qu'une heure avant. Elle s'angoisse : « Les parents avaient longuement hésité à inscrire leurs enfants ici. J'espère qu'ils ne vont pas vouloir les mettre dans le privé. Ils sont issus de la cité et ne veulent surtout pas que leurs enfants revivent ce qu'ils ont vécu. » Elle joint la mère : « Non, non, n'allez pas au commissariat, on va régler ça en interne. » Les parents débarquent : « Il est hors de question que mon fils perde une année de sa scolarité parce qu'il a la peur au ventre en venant au collège », dit la mère en sanglots. Le père explose : « On ne va pas les excuser parce qu'ils viennent des cités. Moi aussi, je viens de la cité. J'apprends à mes enfants qu'il ne faut pas taper. Mais y en a marre. Maintenant je vais leur dire de frapper. »

La CPE appelle la mère de Kevin : « Je suis un peu en colère parce qu'il y a des petits soucis avec votre fils. » Le père viendra à 17 h. Kevin intervient : « Je ne pourrai pas venir, j'ai foot. » La CPE : « Eh ben tant pis, tu arriveras en retard au foot. » Une demi-heure plus tard, leur prof de français apprend l'événement. « Ouh là, j'espère que les parents ne vont pas sortir leurs enfants du collège... » Toujours la même angoisse. En attendant, « il faut réagir très vite », selon l'adjoint du principal, qui estime que le cas n'est « ni fréquent ni banal » dans l'établissement. A 17 h, le père arrive. Il écoute mais n'est pas d'accord. Le fils se braque, crie. N'obtenant pas d'excuses, le principal adjoint décide de mettre un avertissement sans le sursis qu'il envisageait. Il s'inquiète : « C'est rare qu'un gamin réagisse ainsi et qu'un père cherche à négocier l'avertissement. »

Le lendemain matin, Kevin revient dans son bureau et s'excuse. Le principal adjoint le sermonne mais ajoute : « Je ne te mets pas d'étiquette dans le dos. » Kevin reparti, il explique : « C'est toujours difficile à dire mais cette fois, j'ai l'impression que le message est passé. »

M. H.
Emploi

En partenariat avec Monster.fr

  • Trouvez le poste qui vous convient

    Retrouvez les dernières offres d'emploi sur toute la France et dans tous les secteurs avec 20minutes.fr et Monster.fr

publicité
publicité
Electromenager
529.99 €
publicité
publicité
Réagissez à cet article
Vous souhaitez contribuer ? Inscrivez- vous, ou .
Confirmer l'alerte de commentaire
Annuler
publicité
publicité
Se connecter avec Facebook
S'identifier sur 20minutes.fr