« Paris, quand la nuit meurt en silence ». Pour la Mairie de Paris, cette pétition lancée en 2009 et signée par de nombreuses personnes est désormais oubliée et bien rangée dans les archives. Avec ses 800 établissements ayant une autorisation de nuit et ses 4.000 terrasses ouvertes le soir, et après les attaques subies en 2015, la nuit parisienne revit, selon la mairie qui a engagé cette année 12 millions d’euros pour « mener une politique ambitieuse de la nuit ».

Frédéric Hocquard, conseiller chargé des questions relatives à la « Nuit » présente ce lundi au Conseil de Paris, différentes mesures pour faire face aux nuisances nocturnes dans la capitale. Et ce, dès cet été.

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320 agents mobilisés

« Certes, on veut une nuit festive, mais aussi une nuit respectueuse », note Frédéric Hocquard. Cette année, la Mairie de Paris va déployer dans cinq quartiers de la capitale le dispositif « bruitparif », qui « permettra d’objectiver les nuisances sonores et de mettre en place un suivi et accompagnement des établissements et des espaces publics dont les nuisances sont avérées ». De plus, les effectifs présents sur l’espace public la nuit vont être renforcés. Selon la Mairie, « la création de nouvelle Direction de la Prévention de la Sécurité et de la Protection permettra, avec les nouvelles brigades de lutte contre les incivilités, de renforcer de manière importante la présence d’agents de la Ville ». Dès la rentrée, près de 320 agents seront en effet capable d’intervenir pour sanctionner. Mais avant d’en arriver à ce stade, un travail de prévention et de médiation est également mené.

Cette année pour la première fois, la Ville de Paris, organisera des campagnes de sensibilisation dans certains quartiers festifs, notamment au Canal-Saint-Martin et à Oberkampf à travers des affiches et des flyers. Continuant de mettre aussi en avant les dispositifs de prévention comme les Pierrots de la Nuit, la mairie veut également développer et faire connaître le système des « chuteurs ».

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Chuteur de nuit 

Le chuteur, comme son nom l’indique, c’est celui qui dit chut, mais finalement pas seulement. « Il fait aussi respecter les restrictions : ne pas sortir avec son verre, être calme dans la file d’attente mais aussi à la sortie d’un bar ou d’une boîte de nuit. C’est très utile », détaille Frédéric Hocquard. « Ce n’est pas un métier a proprement parlé mais nous travaillons actuellement avec des organismes de formation pour délivrer une formation certifiée », ajoute-t-il en précisant que la Mairie va inciter les bars à avoir recours à ce système.

Enfin, concernant les transports la nuit, la Mairie demande au STIF et la RATP, « une amélioration de la carte des Noctiliens ainsi qu’une ouverture plus tardive de certaines lignes de métro ». La dernière modification - l’ouverture de ligne de métro jusqu’à 2 heures - date désormais de 2008. Frédéric Hocqard espère ainsi faire « bouger les choses » d’ici 2017.