Vincent Chuter-Mezence, le président du « Collectif Red Star Bauer ».
Vincent Chuter-Mezence, le président du « Collectif Red Star Bauer ». - F. Pouliquen / 20 Minutes

On entend plus chanter lestade Bauer. Voilà une saison que l’antre du Red Star, à Saint-Ouen, n’accueille plus les matchs de l’équipe fanion désormais en ligue 2, un niveau que le club n’avait pas atteint depuis seize ans. Rien ne changera en août prochain à la reprise du championnat. Le Red Star a brillamment gagné le droit de rempiler dans l’antichambre de la Ligue 1. Le stade Bauer, lui, ne répond toujours pas aux normes de la Ligue professionnelle de football (LFP).

« Le Red Star était obligé d’aller jouer à Beauvais à 80 km de là, dit d’un air de dépit Vincent Chuter-Mezence, le président du « Collectif Red Star Bauer ». Pour la prochaine saison, il est question quand même de trouver un stade en Ile-de-France pour les matchs à domicile. On parle de Jean-Bouin [collé au Parc des Princes et où jouent les rugbymen du Stade Français]. » Mais Vincent Chuter-Mezence n’y croit pas trop et n’est pas plus emballé. Le Red Star, c’est Bauer. Le club, l’un des plus vieux de France, joue depuis 1909 dans ce stade à l’anglaise, l’un des rares à être encore niché en plein centre-ville, et offrant une ambiance toute particulière.

« 2.999 supporters pour Bauer »

Pour retrouver cet esprit à part et face à un dossier qui piétine, le collectif Red Star Bauer a décidé d’abattre l’une de ces dernières cartes en lançant une campagne de financement participatif sur Fosburit, un site spécialisé dans le crowfunding sportif. La campagne se termine dans 18 jours et l’objectif est affiché partout : Atteindre au minimum 2.999 souscripteurs, comme le nombre de spectateurs que peut contenir le stade Bauer dans sa configuration actuelle.

« La moyenne des dons tourne pour l’instant autour des 10 euros, observe Vincent Chuter-Mezence. On vise donc les 30.000 euros collectés à la fin de la campagne, ce qui serait déjà très bien. » Dans le meilleur des cas, les fonds récoltés s’ajouteront au pot si un jour la mise aux normes de Bauer est entreprise. Sinon, « ils permettront de financer une étude afin d’évaluer sur des bases objectives les travaux de réhabilitation du stade aux normes de la Ligue 2 », indique Vincent Chuter-Mezence.

Mais cette campagne a aussi un but symbolique : « celui de montrer qu’il y a 3.000 personnes avec nous, poursuit Vincent Chuter-Mezence. Ils n’ont pas seulement signé une pétition, ils ont mis aussi de l’argent pour sauver Bauer, cela n’a pas le même impact. »

Un dossier qui traîne en longueur

Pas sûr que cela suffise. La rénovation du stade Bauer est un dossier qui traîne en longueur. L’an dernier, le coût des travaux avait été évalué à 5 millions d’euros. Mais la municipalité de Saint-Ouen qui évoque des problèmes s’appuie sur une étude de stabilité du site, qu’elle a diligentée et qui a conclu, mi-mars, au manque de stabilité des structures du stade Bauer. PourWilliam Delannoy, le maire UDI de Saint-Ouen, la rénovation du stade est impossible. « La seule solution pour moderniser Bauer et revoir un jour le Red Star à Saint-Ouen est de démolir pour reconstruire », déclarait l’élu dans les colonnes du Parisien, le 17 mars.

William Delannoy dit ne pas avoir les finances pour contribuer à un tel projet, mais se dit prêt à signer une convention de bail emphytéotique avec le Red Star. Le club occuperait alors le stade pour un loyer d’1 euro symbolique et charge ensuite à lui de trouver des investisseurs privés pour mettre l’enceinte sportive aux normes de la Ligue 2.

Passer sous pavillon chinois ?

Dans un article du Monde, paru ce jeudi, Bruno Le Roux, député PS de Saint-Ouen, assure que le Red Star pourrait intéresser « sans problème » des repreneurs étrangers et se propose même de les rassembler. Et Bruno Leroux prospecterait du côté de la Chine, lui qui est aussi président du groupe d’amitié France-Chine à l’Assemblée nationale. De son côté, Patrice Haddad, président du Red Star, dit avoir reçu des offres étrangères, mais n’y a pas donné suite.

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