Paris: Lisboètes, Barcelonais, Parisiens réunis pour lutter contre les nuisances nocturnes

NUISANCES Une réunion publique de riverains parisiens réunissant également des représentants de Londres, Lisbonne ou encore Naples, se tient ce mardi soir pour s’opposer aux nuisances nocturnes…

Romain Lescurieux

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Illustration: Une terrasse de bar à Paris.

Illustration: Une terrasse de bar à Paris. — Mehdi Fedouach AFP

« La mobilisation contre les débordements nocturnes n’a plus de frontière », annoncent-ils sur leur site Internet. Les membres du réseau « Vivre Paris », « Vivre la ville » organisent ce mardi dans le 2e arrondissement, une réunion publique autour des nuisances nocturnes dans la capitale, en France, mais aussi à Lisbonne, Rome, Barcelone ou encore Londres.

Car la fête, ou plutôt « le tapage nocturne », « l’alcoolisation massive et ses ravages », « le vomi sur les portes », en plein centre-ville, ils n’en peuvent plus. « A Paris, aller en terrasse est devenu depuis les attentats un acte de résistance, mais c’est surtout synonyme de bruit », s’exclame sans retenue Gilles Pourbaix, porte-parole du réseau à l’initiative de ces assises européennes.

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« Tirer la sonnette d’alarme »

« Nous nous sommes rendu compte qu’on retrouve la problématique parisienne et cette situation dramatique dans beaucoup de villes. Nous avons donc décidé de se structurer et lancer un mouvement européen », explique-t-il. Au programme : des débats et des conférences, comme « Bruxelles : Les nuisances nocturnes aux portes des institutions européennes », animée par Isabelle Pauthier, directrice d’atelier de recherche et d’action urbaines de Bruxelles. Ou encore : « Lisbonne : Quand la massification touristique échappe à tout contrôle et asphyxie de plus en plus les Lisboètes » avec Luís Paisana, président de Associação de Moradores do Bairro Alto.

Cette réunion s’achèvera par la publication d’un manifeste européen, annonce le réseau. Le but : « tirer la sonnette d’alarme et interpeller les autorités, notamment à notre niveau la Mairie de Paris, détaille Gilles Pourbaix. Car selon lui « sous couvert d’activité touristique les autorités sont passives » en matière de lutte contre ces nuisances. « Pendant des années, nous avons assisté aux Etats Généraux de la Nuit, puis aux groupes de travail du Conseil de la Nuit. Mais ça n’a mené à rien, dit-il, alors que la situation se dégrade, de la Buttes aux Cailles à la rue Jean-Pierre-Timbaud, en passant par le Canal Saint-Martin.

« La situation s’améliore »

Le conseil de la Nuit, instance collégiale, qui s’est réunie pour la première fois début décembre 2014, sous la houlette d’Anne Hidalgo, Bruno Julliard, et de Frédéric Hocquard, conseiller délégué en charge de la Nuit enchaîne depuis les réunions et groupes de travail, débouchant sur des mesures et améliorant la situation, selon Frédéric Hocquard.

« De nombreuses choses avancent dans le bon sens et la situation s’améliore. La preuve : en 2015, les fermetures administratives ont baissé de 20 % », insiste le conseiller délégué en charge de la Nuit. « Nous continuons de renforcer la médiation dans les quartiers les plus festifs comme la rue Jean-Pierre Timbaud. Nous continuons de renforcer le ramassage des déchets sur le Canal Saint-Martin et élargir la charte « Silence, on fête sur les quais du 12e et 13e », poursuit-il, précisant que d’ici quelques mois des sondes seront installées dans quatre quartiers parisiens pour « connaître précisément la nature du bruit, de savoir d’où il vient et prendre si besoin les mesures nécessaires ».

Mais pour Gilles Pourbeix, il faut aller plus loin, car l’enjeu de santé publique est de taille « pour les riverains privés de sommeil comme pour les consommateurs ». « Nous voulons juste que la loi soit respectée : fermeture des bars à 2h du matin en repliant les terrasses un peu plus tôt », préconise-t-il fermement.

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