La RATP met la pression sur les élus pour le projet Métrophérique, auquel les Verts parisiens sont favorables. Pierre Mongin, président de la Régie, a assuré hier qu'il dirait « stop à tout projet de prolongement de lignes de métro en banlieue » si le projet de métro en rocade autour de Paris ne voyait pas le jour : « Notre réseau est en train d'exploser, on ne peut pas continuer à l'alimenter en prolongeant des lignes. On risque la saturation. La seule manière de le soulager, c'est le Métrophérique, qui absorberait 20 % du trafic actuel du métro. » Les chiffres de fréquentation du réseau RATP au premier semestre 2007, en hausse de 3,4 %, laissent effectivement à penser que le réseau sera de plus en plus chargé ces prochaines années.
Métrophérique serait un métro souterrain qui relierait tous les terminus des lignes de métro en banlieue. D'une cinquantaine de kilomètres, il serait doté d'une station par kilomètre. Le coût de ce projet, qui ne pourrait sortir de terre avant une quinzaine d'années, est estimé à 6 milliards d'euros par la RATP. D'abord opposée, la région Ile-de-France a ensuite proposé un contre-projet, baptisé « Arc Express », et qui figure au schéma directeur d'Ile-de-France. Quelque 25 millions d'euros ont été inscrits au contrat de projet Etat-Région 2007-2013, pour des études. Mais les choses ne vont pas assez vite au goût de Pierre Mongin, qui demande précisément « un feu vert rapide pour commencer les études » au Syndicat des transports d'Ile-de-France (Stif), présidé par Jean-Paul Huchon.
Ce dernier n'a pas apprécié ces déclarations. « Que ce soit pour les prolongements de lignes ou pour un métro de banlieue, ce n'est pas la RATP qui décide, c'est le Stif. Pierre Mongin, c'est un opérateur, qui fait ce qu'on lui dit de faire. Concernant « Arc Express », la RATP devrait de toute façon se demander si elle veut vraiment faire les études. Cela pourrait lui poser des problèmes juridiques pour répondre à l'appel d'offres par la suite. »