Tentative d'assassinat à Corbeil-Essones: Un proche de Dassault condamné à 15 ans de prison

FAITS DIVERS L'homme de 43 ans a expliqué son coup de sang par les menaces et harcèlements dont il était victime depuis plusieurs années...

Clémence Apetogbor

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Illustration justice. Tribunal place d'Islande à Strasbourg. Le 29 01 07

Illustration justice. Tribunal place d'Islande à Strasbourg. Le 29 01 07 — G . VARELA / 20 MINUTES

Younès Bounouara, proche de Serge Dassault, a été condamné ce mercredi à 15 ans de réclusion pour tentative d’assassinat commise sur fond de soupçons d’achat de votes.

Le verdict de la cour d’assises de l’Essonne, supérieur aux douze ans requis par l’avocat général, a été accueilli par les pleurs et la colère de la famille. « Ça suffit, c’est fini », leur a répondu l’accusé. « Nous allons envisager » l’appel, s’est bornée à commenter son avocate Karine Bouden.

L’homme de 43 ans, a tiré le 19 février 2013 depuis la terrasse d’un café sur Fatah Hou, qui circulait en voiture dans le centre de Corbeil-Essonnes, en région parisienne. Grièvement blessé, ce boxeur professionnel conserve de lourdes séquelles.

Menacé depuis plusieurs années

A l’audience, il a expliqué son coup de sang par les menaces et harcèlements dont il était victime depuis plusieurs années. A la tête de cette « équipe », surnommée « Les Italiens » : Fatah Hou.

« On a essayé de faire croire qu’il y avait d’un côté les ordures qui insultaient, qui menaçaient, et puis de l’autre les pauvres victimes de ces harceleurs, c’est-à-dire quelque part le système Dassault et Monsieur Bounouara, ce n’est absolument pas le cas », a réagi l’avocate de Fatah Hou, Marie Dosé.

« J’espère que le message est passé à l’attention de ceux qui ont fait Corbeil et qui construisent encore sur les ruines de Corbeil et qui bien évidemment n’étaient pas là », a-t-elle ajouté, désignant l’ancien maire Serge Dassault et son successeur Jean-Pierre Bechter, qui n’ont pas honoré leur convocation comme témoins.

Un tir volontaire, selon l’avocat général

Dans son réquisitoire, l’avocat général Jean-Michel Bourlès a estimé que « Younès Bounouara avait tiré volontairement pour donner la mort ».

Une préméditation et une intention contestées par la défense, malgré des écoutes judiciaires accablantes, dans lesquelles Younès Bounouara prévient ses proches qu’il a son « pétard » et va « canarder » Fatah Hou.

C’était « un appel au secours », a soutenu son autre avocat David-Olivier Kaminski. Il a demandé à la cour d’acquitter son client du « crime » de tentative d’assassinat, en vain.