Les Verts ne veulent pas croire à une coïncidence. Ils pensent que la « patate chaude » a été balancée par l'entourage du maire, ce que son cabinet dément formellement. Hier, le jour même du lancement de la campagne des Verts, le journal Le Parisien révélait l'existence d'un rapport de la chambre régionale des comptes incriminant la gestion entre 2002 et 2003 de la Siemp, la société d'économie mixte chargée de résorber l'insalubrité à Paris. Durant cette période, la Siemp avait été présidée par Jean-François Blet (Verts) puis par Jean-Yves Mano (PS). Non-respect de mises en concurrence, recrutement d'un directeur général qui n'a jamais assuré ses fonctions, licenciements coûteux et notes de frais à 16 000 euros, le rapport est sévère.
Bertrand Delanoë assure qu'il a « pris connaissance » de ces faits en 2002, et a alors pris « la décision claire et immédiate » de « changer le président » Vert pour le remplacer par Mano. Un argument qui fait rugir les écologistes, souvent taxés de « mauvais gestionnaires » par le maire. « Le rapport vise les deux présidents, et Delanoë veut nous faire porter le chapeau », s'étrangle René Dutrey, président du groupe Vert au Conseil de Paris. « Nous ne considérons pas que les erreurs d'un homme soient celles d'un parti, il faut arrêter la paranoïa », rétorque le cabinet du maire. René Dutrey redoute que « la droite s'en donne à coeur joie sur cette affaire au Conseil d'octobre », mais l'entourage du maire est confiant : « L'UMP a raison d'en profiter. Mais on pourrait leur parler de l'époque où eux étaient aux commandes. »