Aujourd'hui, c'est la Fête de La Poste. Sorte de kermesse destinée à donner le sourire aux clients, l'opération sera boudée par la CGT, qui a déposé un préavis de grève pour vingt-quatre heures. Comme leurs collègues de SUD, en grève tous les lundis depuis le 23 avril (lire ci-dessous), ils dénoncent leurs conditions de travail et les réorganisations en cours dans les bureaux.
Dans leur ligne de mire, le projet Contre toute attente, lancé en 2006 pour lutter contre les files d'attente, « problème récurrent, destructeur du capital confiance », selon l'entreprise publique. Hic pour les syndicats : les suppressions de postes accompagnant ce projet. Quarante bureaux franciliens, qui dépassent les 500 clients par jour, sont déjà concernés, dont vingt-trois à Paris. D'autres suivront. Ce programme test a, selon une enquête Sofres, fait passer en six mois le temps moyen d'attente de 10 minutes 12 secondes à 8 minutes 15 secondes. La recette ? Un « responsable client » positionné à l'accueil et qui évite autant que possible le passage par le guichet. Une urne est à disposition pour les dépôts de chèques, une affranchisseuse automatique pour les timbres, et une boutique pour les colis. Des guichets « rapides » traitent les recommandés et opérations sommaires, « sur le principe de la caisse moins de dix articles au supermarché », résume-t-on à La Poste. Reste que cette différence de traitement serait source de tensions entre des clients arrivés en même temps mais qui ne patientent pas autant.