La note est salée pour le Café I. Anciennement dénommé Café K, du nom de son propriétaire, Karim Kaci, cet établissement du 156, rue du Faubourg-Saint-Martin (10e) a ouvert en 2004. Il a été condamné cet été à 13 000 euros de dommages-intérêts au profit de MK2 pour avoir utilisé la lettre K, déposée par la chaîne de cinéma en 1998. Le tribunal a jugé qu'il y avait « contrefaçon de marque par imitation et concurrence déloyale », car MK2 a son propre café, appelé K, près de son cinéma du quai de Seine. Karim Kaci avait pourtant déposé la marque Café K il y a trois ans, mais le juge a estimé que « café » était un terme usuel et que seul le K comptait.
« C'est vrai que cette lettre n'est pas usuelle », ironise le patron. Il a été sommé de changer de nom d'enseigne sous quinze jours, et de ne plus utiliser « toute autre dénomination comportant le signe K de quelque manière que ce soit ». Exit donc le Café Ka : « Je me serais fait attaquer par Ford pour contrefaçon de voiture ! » Idem pour Café Kaci, son nom de famille. Le cafetier s'est donc rabattu sur « Café I », du nom d'Isabelle, son épouse. « J'ai eu mon café, c'est son tour », raconte Karim, ancien ingénieur en informatique qui a tout quitté pour cette affaire. Il rage à l'idée que toute sa communication doive repartir de zéro. « Personne ne connaît le Café I, alors qu'on s'était fait un nom dans le milieu du jazz manouche à Paris. On organise des concerts, des soirées d'échecs, de slam ou de littérature. Il faut tout recommencer, car certains pensent que le café a changé de propriétaire. » Ce soir, le Café I prévoit une projection de concerts de jazz. Et demain, il retransmettra le match de la Coupe du monde de rugby France-Irlande sur grand écran, à partir de 21h. Sans haka au programme.