La Gare du Nord après l'arrêt du  trafic des Thalys à la suite des attentats de Bruxelles
La Gare du Nord après l'arrêt du trafic des Thalys à la suite des attentats de Bruxelles - R.LESCURIEUX

« Je dois partir aujourd’hui. Je dois donc trouver un autre moyen de retourner aux Pays-Bas », explique Brice, 43 ans dans le hall de la Gare du Nord. A la suite des attentats de Bruxelles ce mardi matin, le trafic du Thalys (liaisons Paris-Bruxelles-Amsterdam-Cologne) a été suspendu dans les deux sens. Et les trains partis avant l’attaque ont, eux, rebroussé chemin.

 

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Dans la gare parisienne - où le dispositif de sécurité a été renforcé notamment après une fausse alerte à la bombe - les voyageurs ont été invités par la compagnie ferroviaire, qui conseille de reporter le voyage, à échanger ou se faire rembourser leurs billets. Car la circulation ne reprendra pas « jusqu’à nouvel avis », a indiqué à la mi-journée, Bertrand Camus, directeur des services de Thalys. Alors, des centaines de voyageurs échoués tentent de s’organiser.

« Plus de voitures disponibles »

Sur le parvis, les militaires patrouillent. Dans le hall, les gilets rouges du Thalys enchaînent les réponses aux clients. Et au guichet de la compagnie, la file d’attente s’allonge. « J’ai essayé les sites de covoiturage mais il n’y avait plus de voitures disponibles », poursuit Brice, qui attend pour se faire rembourser. Non loin de lui, Johan, un Belge, a lui regardé les trajets en bus pour rejoindre son domicile. Sans succès.

Sur Eurolines, filiale de Transdev, les ventes de billets Paris-Bruxelles ont en effet été suspendues jusqu’à nouvel ordre « le temps d’y voir plus clair », a indiqué un porte-parole à l’AFP. La compagnie d’autocars Ouibus, filiale de la SNCF a, elle, indiqué ne pas avoir suspendu ses huit liaisons quotidiennes avec Bruxelles mais a prévenu sur son site que « d’importants retards » étaient à envisager, en raison d’un contrôle frontalier « très renforcé ». Alors, des taxis ont vite proposé Bruxelles comme destination.

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« Je le fais à 600 euros », « je le fais à 300 euros »

« Un taxi m’a proposé un trajet Paris-Bruxelles en van à 150 euros par personne. J’ai refusé. En plus, j’imagine que ça va augmenter au fur et à mesure de la journée. C’est une manne financière pour eux. Mais je n’ai pas l’argent donc je suis coincé », détaille Brice. A l’extérieur, des taxis proposent en effet d’aller à Bruxelles. « Je le fais à 300 euros », « je le fais à 600 euros », lancent des hommes en taxi motos prêts à partir pour ce trajet d’un peu plus de trois heures. Certains sortent les pancartes « Bruxelles », mais peu de clients sont toutefois emballés par la proposition. « Je crois que je vais dormir chez des amis », lâche Johan, dépité.

En attendant la reprise du trafic, l’entraide franco-belge commence à prendre de l’ampleur sur les réseaux sociaux. Des Parisiens proposent notamment d’ouvrir leurs portes pour la nuit aux personnes bloquées dans la capitale.

 

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