Timescope, place de la Bastille
Timescope, place de la Bastille - R.LESCURIEUX

« Qu’est-ce que c’est ? », « ça sert à quoi ? ». Planté place de la Bastille, à l’angle avec le Boulevard Richard-Lenoir, l’objet interpelle. Depuis lundi, Timescope, une borne de réalité virtuelle a été installée en ces lieux et permet d’admirer un endroit bien précis à travers son passé et son histoire comme si on y était. En l’occurrence, le quartier de la Bastille. Alors, certains badauds s’arrêtent, d’autres tentent l’aventure. Sous les yeux des deux fondateurs parisiens : Adrien Sadaka et Basile Segalen.

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« Se rendre compte de comment c’était avant »

En 2010, ces deux jeunes Parisiens de 29 ans, visitent Pompei mais repartent avec une légère déception. « Nous avions envie d’aller plus loin dans l’expérience touristique. Notamment en se rendant vraiment compte de ce qu’était Pompei avant », détaille Adrien Sadaka.En revenant en France, l’idée germe. Et trois ans plus tard, la technologie de la réalité virtuelle exauce leur vœu et in fine celui des touristes. Et pour cause. « Beaucoup viennent place de la Bastille en étant persuadés de voir une forteresse », ajoute le jeune homme.

Franck et Viviane, parisiens « depuis toujours » sont venus, eux, « vivre une expérience ». « Nous sommes venus pour voir des images et se rendre compte de comment c’était avant », commente ce couple qui habite le quartier depuis 1961. « Et il a évolué », relève Viviane.

La file d’attente s’allonge. Adrien et Basile répondent aux questions et présentent l’objet. A travers deux dates, 1416 et un certain matin de 1789, les touristes et les Parisiens peuvent visualiser en une minute et en 360° la place et de la Bastille de l’époque avec sa fameuse forteresse. Et à l’arrivée, les utilisateurs se disent conquis. A un détail près.

« Un peu court et un peu cher »

« C’est intéressant car on peut voyager dans le temps, tout en restant sur place. On a envie que ça se généralise sur plus de monuments et de lieux parisiens pour avoir une vision du passé. Notamment au Louvre », affirme Lorian, 29 ans, de passage dans le quartier. « En revanche, c’est un peu court et un peu cher. Mais c’est aussi une initiative qu’on a envie d’encourager », nuance-t-il.

Avec un prix fixé à deux euros, « c’est une expérience courte mais intense. Les touristes et les Parisiens auront l’impression d’être au cœur de ce qu’ils voient », assure Adrien Sadaka qui a proposé son innovation à la Mairie de Paris « qui s’est tout de suite montrée très enthousiaste », dit-il, précisant qu’il ne compte pas s’arrêter là avec Timescope et son équipe.

D’autres projets dans le viseur

« Nous allons augmenter dès la semaine prochaine la durée à une minute et trente secondes, développer d’autres expériences à travers de nouvelles époques mais aussi montrer à quoi pourrait ressembler la place de la Bastille, d’ici quelques années, car le quartier va évoluer », affirme Adrien Sadaka. Le passé, donc, mais aussi le futur.

La start-up prévoit également d’installer des bornes sur d’autres monuments parisiens et dans d’autres villes européennes. Athènes, Rome et Bruxelles sont notamment dans le viseur de ces jeunes entrepreneurs.

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