Des vidéos de simulation en 3D d'une crue centennale de la Seine et de la Marne ont été produites dans le cadre de l'opération EU Sequana 2016.
Des vidéos de simulation en 3D d'une crue centennale de la Seine et de la Marne ont été produites dans le cadre de l'opération EU Sequana 2016. - Capture d'écran/YouTube

Fluctuat nec mergitur. A partir de ce lundi, Paris sera battue par les flots, mais ne sombrera pas. Tout le territoire francilien va en effet faire face à une fausse crue exceptionnelle de la Seine. Une simulation grandeur nature inédite  baptisée EU Sequana 2016 pilotée par le Secrétariat général de la Zone de défense et de sécurité de la Préfecture de police de Paris. Le but : vérifier l’efficience des dispositifs de crise prévus par 87 partenaires publics et privés.

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Cinq départements franciliens y participent avec 900 sauveteurs, 150 personnels des forces de police, 40 véhicules étrangers de sécurité civile dont 20 véhicules lourds et quatre hélicoptères. Quatre pays européens - l’Italie, l’Espagne, la Belgique et la République Tchèque - viendront également sur place avec leurs propres moyens de secours.

Un pic de crue dans le week-end

Michel Cadot, préfet de police – qui deviendra pour l’occasion le directeur des opérations de secours -, et Mathieu Gallet, président de Radio France, lanceront l’exercice ce lundi matin, en présence du ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve. 5,5 m d’eau seront alors relevés à Paris-Austerlitz. Un niveau qui augmentera de 50 centimètres de façon quotidienne pour atteindre dans le week-end le pic de crue : 8,12m. Soit, à quelques centimètres près, la référence de la grande crue de 1910.

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« Une crue centennale sur le même niveau d’élévation du fleuve qu’en 1910, en Ile-de-France se traduirait par 500 km2 de territoire sous l’eau, affectant 830.000 habitants résidant en zone inondable et plusieurs millions d’habitants dont les conditions de vie seraient dégradées. En termes économiques, on est sur deux points de PIB en coûts induits », expliquait en début de mois à la presse Michel Cadot. Alors, dès mercredi, comme de nombreux partenaires, une cellule de crise la Ville de Paris sera en action pour s’organiser et faire face à ce risque.

« L’objectif est de développer la résilience et montrer aux Parisiens les difficultés »

« Nous allons suivre et appliquer les consignes de la Préfecture de police en mettant les moyens de la ville à la disposition de la population parisienne tout en se coordonnant avec les différents acteurs », détaille Sylvie Mazoyer du Pôle de gestion de crise de la Ville de Paris, qui ne connaît que les grandes lignes du scénario.

« Nous allons mener de grosses actions de terrains avec par exemple, au moment du pic de crue, la simulation d’aménagement d’un centre hébergement d’urgence dans un gymnase du 14e ou encore le montage de protections amovibles sur la Seine », enchérit Camille Lastennet de ce même pôle. « L’objectif est de développer la résilience face à un risque d’inondation et montrer aux parisiens les difficultés », poursuit-elle. Dans le même temps, la RATP va par exemple « emmurer » des stations de métro pour empêcher que l’eau ne s’introduise dans le réseau.

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Puis, à partir du 15 mars, l’exercice simulera la décrue. « Il est ainsi proposé aux opérateurs jour d’inscrire leurs actions dans le cadre du retour à la normale », note la Préfecture. « Nous travaillerons alors sur la mise en place du nettoyage et la vérification de la solidité des bâtiments », commente Sylvie Mazoyer. Car le risque de crue n’en reste pas moins bien réel.

« Une chance sur cent dans une année que cela arrive »

Selon le préfet Jean-Paul Kihl, secrétaire général de la zone de défense et de sécurité de Paris, « cet exercice va permettre de réexpliquer aux gens qu’il y a de fortes chances que cela arrive un jour et que collectivement il vaut mieux s’y préparer. "Au niveau centennal", cela veut dire qu’il y a une chance sur cent dans une année que cela arrive, cela ne veut pas dire que ça arrive tous les cent ans », précise-t-il.

Et si c’était le cas, « tous les arrondissements seraient alors concernés. Certains, directement par la montée des eaux. D’autres,par des coupures d’électricité ou de chauffage. Et tous par des problèmes de transports », assure Sylvie Mazoyer.

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