Laura Choisy (première en partant de la droite), cofondatrice de Cohome lors d'une journée de travail organisée dans l'appartement de Claire (à gauche) le 16 février 2016.
Laura Choisy (première en partant de la droite), cofondatrice de Cohome lors d'une journée de travail organisée dans l'appartement de Claire (à gauche) le 16 février 2016. - F. Pouliquen / 20 Minutes

« Appartement lumineux et spacieux. Sept places disponibles, très bon wifi et possibilité de passer ses appels dans la cuisine. Il y a même un lit simple si besoin pour une petite sieste, dans la salle de séjour. »

Bienvenue chez Claire, rue de l’Arsenal, à Paris. Blogueuse, coach perso et artiste-peintre, elle est l’une des nombreuses travailleuses indépendantes que compte la capitale. Avec les avantages que cela comporte, mais aussi les inconvénients : « La contrainte de travailler seul chez soi, le manque de motivation... » raconte-t-elle.

« Une bonne façon de casser la routine »

Cette Parisienne a donc rejoint Cohome, communauté de Parisiens sans bureau attitré. Des développeurs, des coachs personnels, des psychologues, des startupers… qui ne peuvent plus voir leur canapé en peinture à force d’être assis dessus, mais qui n'ont pas les moyens non plus de s’offrir un poste dans un espace de coworking classique. La moyenne est à 400 euros par mois à Paris.

Sur Cohome, ces freelances et travailleurs indépendants ouvrent leur salon le temps d’une journée de travail. Le concept se veut le plus souple possible. Il n’y a pas à s’abonner, les hôtes d’un jour peuvent devenir les visiteurs de demain, et l’ambiance se veut à la bonne franquette. C’était du moins le cas chez Claire qui accueillait mardi ses premiers coworkers. Le café et les biscuits étaient sortis, le groupe ne s’interdisait pas de « grandes papotes » et à midi, « je mange avec ma fille et mon mari, mais n’hésitez pas à nous rejoindre », lançait Claire à ses hôtes. « Je ne ferai pas ça tous les jours, mais c’est une bonne façon de casser la routine, se remotiver et même d’accroître son réseau professionnel, glisse, bien calé dans le canapé de Claire, Julien Gambelli, fondateur de la start-up Streamcook.tv.

« Pas comme Airbnb »

Depuis septembre, Cohome a organisé 52 journées de travail de ce type. On est encore loin des objectifs que veulent atteindre Laura Choisy et Céline Martinez, les deux fondatrices, pour vivre de Cohome « rien qu’un petit peu ».

Pour passer un palier, Cohome s’apprête à lâcher son groupe Facebook privé, sur lequel s’organisaient jusque-là les journées de travail, pour un vrai site qui sera lancé le 7 mars. « Les utilisateurs pourront profiter d’un porte-monnaie électronique pour faciliter les paiements, décrit Laura Choisy. Chacun aura aussi son profil pour se présenter, poster des photos de son appartement, le géolocaliser et préciser les services mis à disposition. »

Si Cohome se développe, Laura Chosy ne veut pas pour autant perdre l’état d’esprit originel. N’assimilez d’ailleurs surtout pas son « bébé » à un Airbnb version immobilier de bureau. « On ne cherche pas à enrichir les gens, explique-t-elle. Nous conseillons fortement que la journée de travail ne dépasse jamais les 10 euros. Les hôtes doivent juste pouvoir entrer dans leur frais. » Cohome assure aussi mettre l’accent sur les rencontres et les partages. « L’idée n’est pas de laisser travailler seul chez soi des coworkers à qui on aurait confié les clés de son appartement tôt le matin. »

Une autre façon d’arrondir ses fins de mois ?

D’autres sites n’ont pas ces scrupules. OfficesRiders par exemple. Lancée par trois Français au printemps 2015, la plateforme Web, elle aussi spécialisée dans la location de bureaux entre particuliers, compte aujourd’hui 5.000 inscrits et entre 350 et 400 espaces de travail à louer en Ile-de-France.

Florian Delifer, l’un des fondateurs, accepte bien volontiers la comparaison avec Airbnb. « On s’adresse à tout le monde, même aux sociétés en quête de nouveaux lieux pour organiser leurs réunions, explique-t-il. Dans ce cas-là oui, la mise à disposition de son appartement peut devenir un complément de revenus non négligeable. » Florian Delifer site alors une hôte qui a gagné 500 euros en louant son chez-soi à une entreprise pour un séminaire de deux jours.

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