Le projet de réforme du statut de Paris prévoit de regrouper dans un même secteur, avec un seul maire, les quatre premiers arrondissements de Paris.
Le projet de réforme du statut de Paris prévoit de regrouper dans un même secteur, avec un seul maire, les quatre premiers arrondissements de Paris. - DAMIEN MEYER AFP

Les redécoupages territoriaux sont à la mode. Après les communautés de commune, les régions et en attendant peut-être la suppression des départements, c’est le statut de Paris qui est cette fois-ci en question. Ce sera le gros pavé au menu du conseil de Paris qui s’ouvre ce lundi. Il est question de regrouper les quatre premiers arrondissements de la capitale, mais pas que. 20 Minutes vous dépatouille tout ça.

Comment s’organise cette réforme ?
Cette réforme du statut de Paris tient en trois volets. Le premier souhaite fusionner la ville et le département de Paris, seule commune en France à être aussi un département. Le second vœu prévoit de transférer des compétences de la préfecture de police à la mairie de Paris. Notamment en matière de verbalisation du stationnement payant, de lutte contre l’habitat indigne, de maîtrise des Berges de Seine, de gestion des taxis…

Le troisième vœu, celui qui prête le plus à la discussion, prône le regroupement des quatre premiers arrondissements en 2020. Ils ne disparaîtraient pas mais seraient réunis dans un grand secteur avec un seul maire à sa tête. Les quatre mairies, elles, resteraient des bâtiments dédiés aux services publics des Parisiens.

 

- Carte de J.M. Schomburg

 

Pourquoi vouloir toucher aux quatre premiers arrondissements ?
Bruno Julliard, premier adjoint d’Anne Hidalgo, justifie ce remaniement par le souci « de réduire le déséquilibre considérable de population entre les vingt arrondissements parisiens. Le 1er est quinze fois moins peuplé que le 15e par exemple. » Cela pose surtout des problèmes de représentativité politique (le poids que représente chaque conseiller de Paris). « Jean-François Legaret, maire du 1er arrondissement, représente 17.000 habitants, tandis qu’un conseiller de Paris du 2e arrondissement n’en représente que 11.000 », poursuit Bruno Julliard.

Faut-il aussi y voir dans cette réforme un « tripatouillage électoral » ?
Le vote au conseil de Paris n’est qu’une étape. Une telle réforme nécessite une modification législative et donc une saisie parlement. C’est l’étape que craignent les élus UDI-Modem et Les Républicains. « Il est fort à parier que le parlement ne se contente pas des quatre premiers arrondissements mais se penche sur un redécoupage global de la capitale », prédit Eric Azières, chef du groupe UDI-Modem au conseil de Paris. Et selon la droite parisienne, Anne Hidalgo fera tout pour pousser dans ce sens. Deux scénarios ont d’ores et déjà élaboré. Ils proposent les fusions des 4 et 6e arrondissements, des 7e et 8e ou des 9e et 10e.

Que gagnerait Anne Hidalgo ? « Elle se prépare en vue des municipales de 2020 en impulsant un redécoupage des arrondissements qui lui serait favorable », avance Eric Azières. Un scénario que réfute Bruno Julliard : « La droite a toutes ses chances de gagner, en 2020, ce nouveau secteur formé des quatre premiers arrondissements de Paris. »

Qu’est-ce que changera la réforme dans la vie des Parisiens ?
Le premier volet, la fusion département/ville de Paris, « nous rendra plus compréhensible et plus identifiable des Parisiens, promet Mao Peninou, adjoint au maire en charge de l’organisation du conseil de Paris. Il n’y aura plus qu’un guichet unique pour les démarches administratives. »

Les transferts de compétences de la préfecture de police à la ville de Paris visent, pour leur part, à décharger la police nationale de la lutte contre les petites incivilités et lui permettre de se concentrer sur ses missions prioritaires de sécurité publique.

Nicolas Bonnet-Ouladj, président du groupe des élus communistes au conseil de Paris, se réjouit surtout des pouvoirs accrus des mairies d’arrondissements. « On va vers plus de proximité. Elles étaient souvent interpellées par les habitants sur des questions de nuisances sonores ou olfactives ou tout simplement sur l’organisation d’un vide-greniers sur la voie publique. A chaque fois, le maire était obligé de renvoyer vers la préfecture de police. Cela ne sera plus le cas avec ce nouveau statut. »

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