Puff Daddy et Chris Brown, à Los Angeles.
Puff Daddy et Chris Brown, à Los Angeles. - Jason Merritt / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP

Une escroquerie à la sextape. Un homme faisait croire à ses victimes qu’elles allaient être engagées pour tourner une vidéo pornographique avec les rappeurs Puff Daddy ou Chris Brown. Le film devait leur rapporter 500.000 euros, rapporte Le Parisien. Avant le tournage, les jeunes filles devaient au préalable effectuer un casting vidéo. C’est-à-dire, coucher avec un acteur.

La sextape, une stratégie pour amener des femmes dans son lit

Mais voilà : ni Puff Daddy ni Chris Brown n’étaient au courant. Le « recruteur » en question était un escroc. La sextape, une stratégie pour amener des femmes dans son lit. « C’était un stratagème de haut de gamme », a estimé la présidente du tribunal correctionnel de Meaux, qui jugeait jeudi cet habitant de Magny-le-Hongre (Seine-et-Marne). L’homme au casier vierge est poursuivi pour atteinte à l’intimité de la vie privée par fixation de l’image d’une personne.

A la barre, le prévenu âgé de 33 ans, a tenté de justifier, tout penaud. « Je suis entré dans un engrenage », a-t-il tenté, évoquant un échec sentimental. L’homme commençait à repérer ses victimes sur Facebook. Puis les recrutait sous un pseudonyme, Steven D., en prétendant travailler pour une agence américaine basée à Miami. Pour que l’histoire fonctionne, il n’hésitait pas à falsifier une page Wikipédia.

Les films devaient « comporter un certain nombre de fellations »

Les victimes étaient des danseuses, habituées à passer des castings par Internet. Certaines devaient danser en tee-shirt mouillé devant la webcam. « Il nous a expliqué qu’on allait danser en pool party pour une marque d’alcool ». D’autres devaient coucher avec Lionel, un acteur X. Le faux agent prétendait que les rappeurs voulaient les voir à l’action sur des vidéos d’une quinzaine de minutes. Les films devaient « comporter un certain nombre de fellations », note Le Parisien.

Une vingtaine de candidates aurait ainsi rencontré Lionel, qui n’était autre que Steven D., pour passer ce faux casting pornographique. « Ma cliente, qui était très fragile, est allée jusque-là. Elle n’a pas eu le courage de venir à l’audience », a plaidé Me Laëtitia Joffrin. « C’est immoral, détestable mais il n’y a pas d’infraction », a répondu Me Eugénie Dubois, l’avocate de la défense, qui a plaidé la relaxe, estimant que les jeunes femmes étaient filmées. La substitute du procureur a requis 3.000 euros d’amende, dont 1.000 avec sursis, car ces vidéos professionnelles étaient utilisées à des fins privées.

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