Saint-Denis, Epinay, deux affaires qui posent la question de la difficulté d'exercer dans une cité sensible, et de la survie des petits commerces dans les quartiers. Si le meurtre d'Epinay relève à ce stade du « cas isolé », à Saint-Denis en revanche, il semble que le gérant du Franprix se soit attiré l'hostilité de certains jeunes du quartier, et ait été victime d'une série de règlements de comptes.
Or, la personnalité des commerçants qui s'installent dans les cités serait un élément clé de leur réussite. « Ouvrir un commerce dans un quartier sensible est tout à fait possible. Mais cela fonctionnera ou non selon l'état d'esprit du commerçant », observe Philippe Pilliot, secrétaire général de la Fédération nationale de l'épicerie. Il a remarqué que « ceux qui intègrent le quartier dans leur projet sont respectés ». Employer la main-d'oeuvre locale ou faire appel aux tagueurs du quartier pour repeindre la devanture sont autant d'éléments pour s'intégrer. « Les jeunes vont respecter l'oeuvre et laisser le commerçant tranquille », assure-t-il. Il se rappelle même qu'un « commerçant qui en avait marre de se faire taguer sa voiture l'a fait décorer par des artistes locaux. Il n'a plus jamais été embêté. »
Gilles Poux, maire (PC) de La Courneuve, confirme. « La réussite d'une telle entreprise dépend de la personnalité du commerçant. S'il est dans une relation cordiale avec les clients, tout se passe bien. » Philippe Pilliot insiste aussi sur la « force de caractère et la diplomatie », « car il y a deux manières de mettre les gens à la porte ».