C'est en allant rendre visite hier matin au gérant d'une supérette de Saint-Denis, qui subit attaques et menaces depuis le mois de juillet, que Michèle Alliot-Marie a été informée qu'un autre petit commerçant d'une cité d'Epinay-sur-Seine venait d'être mortellement poignardé. Les deux affaires ne sont pas de la même nature. La ministre de l'Intérieur a d'ailleurs souligné que le drame d'Epinay-sur-Seine n'avait «rien à voir avec les phénomènes de bandes ou de quartier». Mais elles démontrent à quel point ces petits commerçants sont particulièrement exposés dans les cités sensibles.
Mahmed Abderrahmen, le gérant du Franprix de la cité du Franc-Moisin de Saint-Denis, est lui durement confronté à ce phénomène des bandes depuis plusieurs mois. Il a notamment subi une agression à coups de battes de base-ball. Il aurait aussi reçu des menaces de mort. Il sera d'ailleurs protégé dès aujourd'hui par sept fonctionnaires des Renseignements généraux, qui se relaieront.
Michèle Alliot-Marie a de son côté promis une politique « extrêmement ferme » pour assurer la sécurité des habitants des cités sensibles. Aux autres commerçants du quartier du Franc-Moisin, qui soulignaient que seules « dix ou quinze » personnes perturbent la vie du quartier, elle a répondu que « ce qu'il faut essayer, c'est de les neutraliser ». « Il faut isoler les délinquants (...) Il faut que nous éliminions ce sentiment de peur en montrant que la loi est respectée. »
Sur www.20minutes.fr
Le reportage vidéo sur les commerces
en banlieue, par l'équipe de Bondy Blog