Plus de 500 réfugiés, issus de quatorze nationalités différentes, vivaient jusqu'en juillet dernier, dans l'ancien lycée Jean-Quarré dans le 19e arrondissement.
Plus de 500 réfugiés, issus de quatorze nationalités différentes, vivaient jusqu'en juillet dernier, dans l'ancien lycée Jean-Quarré dans le 19e arrondissement. - F. Pouliquen / 20 Minutes

Lieu symbole de la question migratoire à Paris, l'ancien lycée Jean-Quarré, squatté pendant plusieurs mois par des centaines de migrants dans des conditions insalubres, a rouvert ses portes après avoir été réhabilité et confié à l'association Emmaüs Solidarité, pour accueillir 105 migrants.

Le nouveau centre d'hébergement, situé place des Fêtes (19e arrondissement), a ouvert jeudi, après trois mois de travaux, pour héberger une partie des migrants évacués le jour même d'un campement place de la Chapelle, dans le XVIIIe arrondissement.

Un bâtiment transformé de fond en comble

Le bâtiment a été transformé de fond en comble: les murs décrépits ont été repeints, les sols humides couverts de matelas ont laissé place à des chambres propres de deux, trois ou quatre lits, avec une armoire pour chacun, chauffées, éclairées.

La réserve de nourriture et de vêtements, objet de rixes régulières pendant l'occupation sauvage, qui a concerné jusqu'à un millier de migrants, a laissé place à des toilettes. Seule un tag «Refugees welcome» et une fresque sur la façade représentant un homme portant un pakol (béret traditionnel afghan), le bras tendu, rappellent l'histoire récente du site.

«Quand on dit, on fait. Nous nous étions engagés fin juillet à ce que ce site devienne un lieu temporaire adapté à la situation des réfugiés, nous avons travaillé avec l'Etat et Emmaüs et aujourd'hui, l'engagement que nous avons pris est tenu», a souligné vendredi la maire de Paris, Anne Hidalgo, en visitant les lieux.

Confié à Emmaüs

«On a tous eu une obligation de réussite, dans ce lieu emblématique. L'alternative aux campements de rue, c'est de mettre à l'abri les gens, dans des conditions dignes», a insisté à ses côtés le préfet d'Ile-de-France, Jean-François Carenco. La mairie de Paris a mis le bâtiment à la disposition de la région, qui en a délégué la gestion à Emmaüs Solidarité et à son équipe de 27 personnes, pour une durée de trois ans. En 2019, l'ancien lycée va accueillir une médiathèque.

Des cours de français doivent commencer très rapidement, à la grande joie des migrants. «Ici on est des Soudanais, des Erythréens, des Somaliens, des Afghans... Notre but c'est de tous vivre ensemble et on va tout faire pour être acceptés par la population», assure l'un d'eux, venu du Darfour, en France depuis six mois, fraîchement revenu de Calais où «les conditions étaient insupportables».

 

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