Xavier Delaporte devant des traces d'urine dans le 18e arrondissement
Xavier Delaporte devant des traces d'urine dans le 18e arrondissement - R.LESCURIEUX

Il n’en peut plus. « Tout est dégueulasse dans le quartier », s’exclame Xavier Delaporte, 31 ans. Installé rue du poteau (18e arrondissement), près du boulevard Ney, ce publicitaire s’insurge contre ceux qui urinent contre les murs. De jour comme de nuit. « Des gens ivres et désœuvrés achètent leurs bières dès le matin et pissent contre les murs et la devanture du supermarché », indique-t-il.

Alors, après s’être fait « insulter par l’un d’eux », raconte-t-il, Xavier Delaporte a décidé en début de semaine de déposer une idée sur la sur la plateforme du budget participatif de la ville de Paris.

>> A lire aussi. Cinq projets étonnants du budget participatif

« La personne qui s’aventure à faire pipi, voit son urine ricocher »

« Je reprends simplement un concept qui existe déjà et a fait ses preuves à Hambourg en Allemagne », explique-t-il. Plutôt qu'« une approche répressive, voici une solution dissuasive », selon lui : Recouvrir les murs les plus exposés à ces problèmes d’urine sauvage d’une couche de peinture hydrophobe qui renvoie tout ce qui est liquide. « La personne qui s’aventure à faire pipi, voit son urine ricocher et arroser son pantalon », détaille-t-il.

A l’origine du projet, le collectif local de riverains IG Pauli, qui voulait avec cette peinture « anti-pipi » en finir avec ces murs qui empestent l’urine. La ville de San Francisco a ensuite emboîté le pas en annonçant l’été dernier qu’une dizaine de murs des quartiers très fréquentés, surtout la nuit, étaient désormais recouverts d’une peinture anti-pipi.

« Nous testons d’ores et déjà des systèmes de ce type »

Ce projet pourrait selon Xavier Delaporte donc être testé dans le 18e arrondissement et être étendu notamment aux abords du canal Saint-Martin, puis à plusieurs endroits de la capitale. « Car même l’urine festive, ça pue », ajoute-t-il. « Au-delà de l’hygiène, c’est un véritable problème pour l’éducation de nos enfants, la santé publique », note-t-il sur la plateforme.

Selon le collectif de riverains allemands, il faut compter 500 euros pour recouvrir de cette peinture hydrophobe une surface de 6 mètres carrés. Ainsi, Xavier Delaporte évalue son projet à 100.000 euros mais espère surtout attirer les votes des Parisiens et les regards de la mairie de Paris. Qui teste en réalité déjà quelques concepts - dont de ce type - contre ces incivilités, qui sont passibles d’une amende de 35 euros.

>> A lire aussi. La lutte anti urine sauvage s’organise à Paris

Des systèmes de murs « anti-pipi » sont notamment testés rue des Petites-Ecuries dans le 10e arrondissement. « Et le 3e arrondissement a également décidé de tester ce principe de peinture hydrophobe », assure une source proche de la Mairie, contactée par 20 Minutes. Mais Xavier Delaporte compte beaucoup sur le budget participatif pour que cette mesure devienne concrète. « J’espère que ce n’est pas une machination de la Mairie de Paris et que ce soit vraiment appliqué », dit-il.

Mots-clés :