Le lycée Henri-IV après une fausse alerte à la bombe, le 26 janvier.
Le lycée Henri-IV après une fausse alerte à la bombe, le 26 janvier. - SIPA PRESS

A 12 h, les élèves sortent. L’alerte est levée. « Vous ne fumez pas et vous ne restez pas devant l’établissement », indique un surveillant dans le hall du lycée Louis-le-Grand, ce lundi. Des jeunes s’exécutent. Presque habitués. Car pour la troisième fois en moins d’une semaine, trois lycées parisiens – Louis-le-Grand (5e), Henri-IV (5e) et Condorcet (9e) – ont reçu aux alentours de 9 h des appels anonymes de menaces, entraînant la mise à l’abri des élèves et la sécurisation des lieux par la police. Et ce, dans une ambiance très calme.

« Vous allez tous mourir »

« Ce matin, le professeur nous a prévenus de l’alerte. Et nous sommes restés dans les salles. Les cours ont continué normalement », explique André, 20 ans, en prépa maths-physique à Louis-le-Grand. A la différence de la semaine dernière où les élèves – en raison d’une alerte à la bombe – ont été confinés dans la cour durant près de deux heures, en se tenant « prêts à évacuer si les démineurs trouvaient quelque chose », ajoute-t-il. Car la menace était différente.

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« Vous allez tous mourir », aurait lancé ce lundi la personne au bout du fil, selon une source policière, en précisant qu'« une bombe se trouvait dans un sac à dos ». A l’accueil de Louis-le-Grand, le personnel soupire. Le hall d’entrée regorge de messages d’alertes placardés au mur. « Ça arrive quasiment tous les jours depuis mardi dernier. Aujourd’hui, l’appel mentionnait une attaque à la kalachnikov », assure de son côté à 20 Minutes un surveillant posté à l’accueil. Les entrées et les sorties étaient alors interdites et deux policiers ont été placés en faction devant l’établissement. « Les élèves, eux, ont été maintenus en classe », glisse-t-il. Même procédure, quelques rues plus loin, au lycée Henri-IV. Le hall d’entrée du lycée Louis-le-Grand. R.Lescurieux/20 Minutes

« Nous ne savons pas si nous devons prendre cette situation au sérieux »

« Nous avons mis les élèves en sécurité avec l’aide de la police et de l’armée », affirme sèchement un des membres de la direction de l’établissement. Selon des élèves, la consigne était de ne pas sortir, sauf pour ceux qui avaient cours dans les salles donnant sur la rue. Ils sont allés dans une autre. « Mais tout s’est effectué dans le calme », assure Farah, 18 ans. « Trop calme même et nous n’avons aucune information. Nous ne savons pas si nous devons prendre cette situation au sérieux », surenchérit Marie, 17 ans.

La police devant le lycée Louis-le-Grand ce lundi matin. R.Lescurieux/20Minutes

« Ça peut être une réelle menace comme un jeu entre élèves. On se demande si ce n’est pas des farces venant d’autres lycées », déplore André, de Louis-le-Grand. « La première fois, ça m’a inquiété. Mais là, c’est devenu une habitude. C’est peut-être une farce. Une farce qui peut aussi dégénérer », note Guy, 17 ans, en classe de terminale dans ce même lycée. Dans tous les cas, les enquêteurs ne prennent pas ces appels à la légère. Le parquet a ouvert la semaine dernière une enquête pour menaces de destruction, confiée à la sûreté territoriale de Paris.

Des faits similaires à Lyon et en Grande-Bretagne

Les enquêteurs français tentent aussi d’établir un lien entre ces appels passés en France et ceux reçus au Royaume-Uni selon un mode opératoire similaire, a-t-on affirmé à l’AFP de source policière. Pour la première fois depuis le début de cette vague d’alertes la semaine dernière, des établissements de province ont aussi reçu des appels anonymes lundi matin, en l’occurrence à Lyon. Deux établissements ont été évacués temporairement pour des inspections policières.

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Un scénario similaire s’est produit aux mêmes dates – jeudi et mardi derniers – au Royaume-Uni, dans la région de Birmingham. Lundi, six écoles de la même région britannique des West Midlands et deux autres dans la ville écossaise de Glasgow ont été évacuées en raison de nouvelles menaces, selon les autorités locales. « A ce stade, rien ne suggère des menaces crédibles contre aucune de ces écoles », a toutefois déclaré l’inspecteur Colin Mattinson, de la police des West Midlands.

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