Un train de la SNCF en Gare du Nord.
Un train de la SNCF en Gare du Nord. - A. GELEBART/20 MINUTES

Ce n’est pas tout à fait ça mais il y a du mieux. Six trains sur dix circuleront lundi sur la ligne D du RER à Paris après l’appel d’un syndicat, la CGT, à reprendre le travail, malgré l’absence d’accord avec la direction, a-t-on appris ce dimanche de sources concordantes.

A l’appel de la CGT, de Sud-rail et de l’Unsa, les conducteurs ont fait valoir depuis vendredi un « droit de retrait » après l’agression d’un de leurs collègues dans l’Essonne mercredi, engendrant de fortes perturbations sur la ligne.

« Nous avons décidé de prendre nos responsabilités vis-à-vis des usagers »

Lundi, « la situation sera sans commune mesure avec celle connue depuis vendredi », a indiqué la SNCF qui annonce la circulation de 6 trains sur 10 sur les lignes D et R, son prolongement, transportant, à elles deux, plus de 600.000 voyageurs par jour. La compagnie a invité les passagers à consulter les horaires sur le site transilien.com.

« Face à une direction obtuse nous avons décidé de prendre nos responsabilités vis-à-vis des usagers », a dit à l’AFP Bérenger Cernon, représentant de la CGT qui a appelé les agents à reprendre le travail lundi. Mais le syndicat entend « faire une action en justice pour faire reconnaître le droit de retrait ». La SNCF a estimé que le droit de retrait ne pouvait pas « se poursuivre pendant des jours » et annoncé qu’elle décompterait des « absences irrégulières », selon les syndicats. Elle a aussi proposé vendredi 4 embauches d’agents Suge (agents de sécurité de la SNCF) et d’un maître-chien.

Légitimité contestée du droit de retrait

« La direction reconnaît d’un côté la légitimité de notre action puisqu’elle accepte de procéder à des embauches, mais dans le même temps elle nous le fait payer en nous comptant des absences irrégulières », dit Fabien Villedieu, porte-parole de Sud. Sud-Rail (majoritaire sur la zone) prendra une décision sur la suite à donner au mouvement après une assemblée générale prévue lundi à 10h.

Le code du travail autorise les salariés à exercer leur droit de retrait face à une situation de travail s’ils ont « un motif raisonnable de penser qu’elle présente un danger grave et imminent » pour leur vie et leur santé.

Les deux auteurs de l’agression contre le conducteur ont été condamnés vendredi à Evry à 4 mois de prison avec sursis.

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