Illustration des catacombes à Paris, en octobre 2014.
Illustration des catacombes à Paris, en octobre 2014. - Francois Mori/AP/SIPA

Les catacombes vont-elles devenir la pompe à fric de la ville de Paris ? La question est posée sans détour par la CGT culture de la ville de Paris sur son blog. Le syndicat ne fait pas seulement référence aux 350.000 euros encaissés au dernier Halloween pour la location de l’ossuaire municipal parisien à la société Airbnb le temps d’une soirée.

« Une visite guidée… mais à 35 euros »

Ce sont bien plus les tarifs appliqués aux visiteurs que dénonce aujourd’hui la CGT. « L’entrée était fixée à 8 euros il y a encore un an et demi, elle est passée à 12 euros fin 2015, note le syndicaliste Bertrand Pieri. Soit une augmentation de 50%.» Dans le même temps, la visite est passée d’une heure à 45 minutes. Il est bien possible de profiter d’une visite un peu plus fouillée avec un guide conférencier. « Mais il faut alors débourser 35 euros, déplore Dominique Quenehen, représentente du personnel à la CGT Musée de Paris. Cela fait une somme. Imaginez si vous voulez en faire profiter la famille… »

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Pour les deux syndicalistes, ces hausses ne répondent qu’à une seule logique : la rentabilité. « Paris Musées [l’établissement public qui gère les 14 musées municipaux parisiens] ne se soucie plus de gérer le patrimoine mais seulement de faire payer les visiteurs qui deviennent des clients », estime Dominique Quenehen.

Un retour sur investissement ?

Delphine Levy, directrice de Paris-Musées fournit tout de même une autre explication. « Les catacombes étaient un site qui avait été laissé un peu de côté de longues années, indique-t-elle. Les tarifs étaient très bas, mais le service était assez mauvais avec des horaires inadaptés, une longue attente avant d’accéder au site, pas de toilettes, pas d’informations aux visiteurs… »

Paris Musées dit alors avoir entrepris un plan d’investissement global sur les catacombes. « Nous avons amélioré considérablement les conditions de conservation préventive des ossements, poursuit Delphine Levy. Nous avons également lancé les travaux pour une nouvelle sortie, avenue René-Coty, qui sera prête avant la fin de l’année. Les visiteurs y trouveront des sanitaires, une libraire et toutes les informations dont ils ont besoin. Les études ont aussi été lancées pour créer une nouvelle entrée qui sera, elle, livrée en 2019. L’accueil se fera alors dans l’un des deux pavillons de la barrière d’Enfer. »

Les horaires d’ouvertures ont enfin été élargis. La dernière entrée se fait désormais à 20h et non plus à 16h. « Le temps d’attente s’est depuis considérablement réduit, commente Delphine Levy. Ce qui permet d’ailleurs d’attirer de nouveau les Parisiens qui boudaient les catacombes parce qu’ils n’avaient pas envie d’attendre trois heures avant d’entrée dans le site. »

500.000 visiteurs en 2015

Ces améliorations justifient pour Paris Musées cette hausse des prix. Mais la directrice de l’établissement public invite à relativiser. « Le musée Grévin, c’est 25 euros, le zoo de Vincennes, c’est 22 euros, la Sainte-Chapelle, c’est 16 euros, le musée du Louvre, c’est 15 euros. »

 

Mur d’ossements dans les Catacombes de Paris - Patrick Kovarik AFP

« On ne peut pas comparer le Louvre aux Catacombes, s’insurge Dominique Quenehen. Il y a 1.000 choses à voir au Louvre, dont de nombreux chefs d’œuvres. » Quoi qu’il en soit, cette hausse de tarif n’a pas freiné l’engouement pour ce site. En 2014, les Catacombes a enregistré 352.614 visiteurs, 13,4 % de plus qu’un an plus tôt. Il était alors le 31e site touristique le plus visité de Paris. Le classement 2015 est encore en cours d’élaboration, mais les Catacombes devraient grappiller des places encore « avec près de 500.000 visiteurs accueillis l’an dernier », selon Delphine Levy.

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