Valérie Pécresse lors d'une conférence de presse, le 20 janvier 2016.
Valérie Pécresse lors d'une conférence de presse, le 20 janvier 2016. - CHAMUSSY/SIPA

Suppression d'aides pour les sans-papiers, déménagement en banlieue et une nouvelle «éthique politique» pour les élus: en soumettant au vote quelques engagements de campagne, Valérie Pécresse a voulu faire passer le Conseil régional d'Ile-de-France «dans une nouvelle ère», selon ses mots.

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La nouvelle présidente de la région, dont l'élection à la tête d'une majorité Les Républicains-UDI-MoDem a mis fin à 17 ans de mandature socialiste, présidait sa première réunion de travail, dans une ambiance avec des piques entre droite et gauche fleurant encore un peu la campagne électorale.

«Une mesure de justice sociale, d'équité»

Le conseil a voté la suppression de ses aides au transport pour les étrangers illégaux, mesure approuvée par le FN et vivement dénoncée par l'opposition de gauche, par 131 voix pour et 64 contre. «C'est une mesure de justice sociale, d'équité et nous l'assumons», a lancé Stéphane Beaudet (LR), vice-président aux Transports, en évoquant cette promesse de campagne de Valérie Pécresse.

«J'ai vu le Premier ministre Manuel Valls» pour parler du financement du passe Navigo et «il m'a dit qu'il n'était pas du tout choqué» par ce projet, a lancé Valérie Pécresse aux élus socialistes. La Région supprime ainsi une aide qui permet aux étrangers en situation irrégulière titulaires de l'AME (Aide médicale d'Etat), de bénéficier de 75% de gratuité de leur passe Navigo à tarif unique de 70 euros.

«La Région ce n'est pas que Paris»

Le principe d'un déménagement vers la banlieue du conseil régional, dont le siège est aujourd'hui installé dans un hôtel particulier du très chic VIIe arrondissement de Paris, a été acté (127 voix pour, 73 abstentions, sur 200 votants). Il prévoit de regrouper sur 45.000 m2 -contre 64.000 m2 aujourd'hui- les 16 sites que compte actuellement la Région et y réunir quelque 2.000 agents. La nouvelle majorité compte ainsi économiser 26 millions par an de location de certains immeubles.

Il ne «s'agit pas uniquement de faire des économies», a lancé la présidente de Région, «il s'agit pour nous de dire que la Région ce n'est pas que Paris, même si Paris est un formidable atout pour la Région». «C'est aussi un symbole du fait que nous voulons lutter contre toutes les fractures et en finir avec les inégalités, et la première de ces fractures, c'est bien évidemment le périphérique», a-t-elle ajouté. Le PS qui s'est abstenu, n'a pas voulu donner «un blanc-seing à ce qui ressemble à une coquille vide», a dit Mme Nadège Azzaz (PS).

La région a également voté une charte définissant «la transparence de nos décisions, la moralisation de nos pratiques politiques et la baisse des dépenses de train de vie», selon Valérie Pécresse.

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