François Durovray, président (LR) du conseil régional de l'Essonne déclare son département dans l'impossibilité de payer les aides sociales.
François Durovray, président (LR) du conseil régional de l'Essonne déclare son département dans l'impossibilité de payer les aides sociales. - Nicolas MESSYASZ/SIPA

C’est la crise dans l’Essonne. Le Conseil départemental assure être dans l’impossibilité de procéder au paiement de l’aide sociale légale pour une partie de l’année 2015. Ces aides prises en charge par les départements regroupent l’aide sociale aux personnes âgées et handicapées, l’aide sociale à l’enfance, et le développement social.

Dans un courrier adressé fin décembre aux associations de protection de l’enfance et aux établissements médico-sociaux pour les personnes âgées et handicapées, François Durovray, le président du conseil départemental de l’Essonne, propose d’étaler le versement de ces aides sur les six prochaines années… avec les intérêts, indique Le Monde. Plusieurs associations et établissements pourraient se retrouver dans une situation très précaire en cas d’étalement des paiements.

Une dette cachée qu’aurait laissée son prédécesseur

François Durovray (LR) a pris l’Essonne à la gauche en mars 2015. Il justifie cette impossibilité à régler ses factures par une dette d’un milliard d’euros et une affaire d’emprunt toxique au niveau du service départemental d’incendie et de secours, que lui auraient laissé ses prédécesseurs.

Selon Le Monde, un audit indépendant, réalisé par le cabinet Michel Klopfer en septembre 2015, aurait par ailleurs révélé « une dette cachée, non recensée dans les comptes, de 108 millions d’euros de factures impayées vis-à-vis de quelque 600 établissements. »

C’est cette dette cachée que François Durovray souhaite rééchelonner. Le président du conseil départemental de l’Essonne assure dans son courrier que la solution du report du remboursement « vient d’être validée, dans son principe, par la chambre régionale des comptes et par le contrôle de légalité. »

Ce que ne confirment pas tout à fait ces institutions, précise Le Monde. Bernard Schmeltz, préfet de l’Essonne, dit avoir juste indiqué, lors d’une discussion informelle, que le rééchelonnement de la dette ne soulevait pas nécessairement un problème de légalité. Quant à la Chambre régionale des comptes d’Ile-de-France, elle n’a pas non plus validé dans son principe ce rééchelonnement et dit attendre plus d’éléments pour confirmer l’existence ou non de cette dette cachée.

« De l’enfumage généralisé »

Jérôme Guedj, l’ancien président (PS) du conseil départemental de l’Essonne assure que cette « dette cachée » envers les établissements à caractère social n’existe pas et évoque juste de classiques décalages de trésorerie de fin d’année.

Pourtant, plusieurs associations du département ont des factures impayées importantes observe Le Monde. « C’est de l’enfumage généralisé », se défend Jérôme Guedj dans les colonnes du quotidien. Selon lui, François Durovray a fait un choix politique

 

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