La place de la République ce dimanche lors des commémorations
La place de la République ce dimanche lors des commémorations - R.LESCURIEUX

« Mon nom importe peu. Je suis une citoyenne lambda venue me recueillir », lance une retraitée, accoudée aux barrières de sécurité. Ce dimanche dans une ambiance grise, lourde et silencieuse, un hommage populaire aux victimes des attentats a été rendu à Paris sur la symbolique place de la République, très contrôlée pour l’occasion.

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« C’est mon devoir de citoyen »

Très tôt le matin, un large périmètre a en effet été interdit à la circulation des voitures. Le dispositif policier, en civil et en tenu, a également été renforcé en surface comme dans les transports en commun. Enfin, des doubles contrôles - fouilles et détecteur de métaux - étaient menés avant d’accéder sur la place. Si celle-ci était très loin d’être bondée, pour les gens qui avaient répondu à l’appel, l’instant avait son importance.

« Je suis un habitant du quartier. Je me suis senti très concerné par tous les événements de 2015 », explique Stéphane, 43 ans. « Le 13 novembre, je me suis retrouvé allongé par terre dans le café de la République. Donc je suis venu avec mes enfants le lendemain et ensuite tous les week-ends pour se recueillir. C’est mon devoir de citoyen d’être ici », détaille-t-il.

A 10h30, les gens continuent d’être fouillés un par un avant d’accéder à la place. Les familles des victimes, les officiels et élus commencent à s’installer dans un carré réservé. Et des photos des différents rassemblements après les attentats de janvier et novembre défilent sur des écrans géants.

Place de la République. Ce dimanche, à l'occasion des commémorations des attentats, des écrans géants projetaient des images des rassemblements et manifestations de 2015. - R.LESCURIEUX

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« Sauver Paris, c’est plus que sauver la France, c’est sauver le monde »

Johnny Hallyday – très contesté par le cercle des proches des dessinateurs de Charlie Hebdo – a ensuite entonné « Un dimanche de janvier », qui salue notamment la marche du 11 janvier 2015 qui avait réuni plusieurs millions de personnes et de nombreux dirigeants étrangers à Paris.

Puis, « les prénoms de Paris » de Jacques Brel ont été repris par le Chœur de l’armée française, avant la lecture d’une allocution prononcée par Victor Hugo à son retour d’exil le 5 septembre 1870. « Sauver Paris, c’est plus que sauver la France, c’est sauver le monde », avait lancé l’écrivain. Après « Le temps des cerises » repris par le Chœur de l’armée française, et un dépôt de gerbes, la courte cérémonie s’est terminée par une minute de silence et un couplet de La Marseillaise chanté par le Chœur. François Hollande est allé saluer les familles des victimes. « Merci pour tout ce que vous faites », sourit de son côté une femme en passant devant des policiers stationnés rue du Temple.

« Les Parisiens ne sont pas toujours du matin »

Enfin, le chef de l’Etat a dévoilé une plaque « à la mémoire des victimes des attentats terroristes de janvier et novembre 2015, à Paris, Montrouge et Saint-Denis. Ici même, le peuple de France leur rend hommage ». Et ce, au pied d’un chêne du souvenir planté pour l’occasion dans un coin de la place. « C’était simple et sobre. C’est ce qu’il faut dans ces moments-là », souffle Stéphane.

« Il faut continuer d’être là et montrer au monde entier qui nous regarde que nous sommes toujours, solidaires, vivants et debout », insiste près de la statue, Francine, 58 ans. Pourtant, vers 12h30 et l’arrivée des premières gouttes de pluie, la foule n’était toujours pas au rendez-vous. De quoi obliger la maire de Paris, Anne Hidalgo, à réagir.

« D’abord, c’est le matin, et les Parisiens ne sont pas toujours du matin. Donc je pense que, dans l’après-midi, beaucoup d’entre eux seront là. Et puis c’est vrai qu’il y avait un dispositif de sécurité - normal d’ailleurs - compte tenu notamment de la présence du chef de l’Etat », a déclaré l’édile devant les caméras de BFM TV. En fin d’après-midi, une seconde manifestation a eu lieu, au cours de laquelle le chêne et la statue de la République ont été illuminés.

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