Paris: Sa carte du métro va vous réconcilier avec la marche à pied

OPEN DATA Ingénieur passionné de transports, Guillaume Martinetti a élaboré une carte de Paris qui indique les temps de marche entre deux stations. Une alternative qui peut vous faire gagner du temps…

Fabrice Pouliquen

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Guillaume Martinetti, ingénieur, passionné par l'Opend Data et les transports, a mis au point une carte bien utile du métro de Paris.

Guillaume Martinetti, ingénieur, passionné par l'Opend Data et les transports, a mis au point une carte bien utile du métro de Paris. — F. Pouliquen / 20 Minutes

Cela lui a pris quelques jours de travail, guère plus. « Juste le temps d’entrer la liste des stations de métro parisiennes dans un fichier Excel et d’établir un programme qui cherche automatiquement le nom de ces stations dans Google Maps », raconte Guillaume Martinetti, ingénieur développement, passionné d’Open Data et de transports. Le résultat ? Une carte classique du métro de Paris, celle qu’on connaît tous, mais qui indique, en prime, le temps qu’il faut pour parcourir à pied la distance entre deux stations.

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(Cliquez sur la carte pour l’agrandir)

Des temps moyens

On apprend ainsi qu’il faut sept minutes pour aller d’Anvers à Pigalle sur la ligne 2, cinq minutes entre Pyrénées et Jourdain sur la ligne 11, neuf minutes entre Hôtel de Ville et Saint-Paul ou encore dix minutes entre Plaisance et Porte de Vanves sur la ligne 13. Du moins, c’est Google Maps qui le dit. Guillaume Martinetti reconnaît les limites de sa carte : « Google Maps prend tout de même l’itinéraire des rues et ne calcule pas les distances à vol d’oiseau. Mais c’est vrai qu’il ne prend pas en compte les feux rouges, les passages piétons ou l’encombrement des trottoirs. Il se base également sur une vitesse moyenne de marche de 4,5 km/h, ce qui est relativement lent. Les Parisiens se déplacent plus à 5 km/h. »

Nous avons fait le test dans le 9e arrondissement. A quelques secondes près, les prédictions de la carte de Guillaume Martinetti étaient bonnes entre le Havre-Caumartin et Chaussée d’Antin-Lafayette (4 minutes) et entre Chaussée d’Antin-Lafayette et Le Peletier (7 minutes). En revanche, nous avons mis 40 secondes de moins que prévu par Google Maps pour passer de la station Havre-Caumartin et la gare de Saint-Lazare.

« Sous les cinq minutes, ça vaut le coup d’aller à pied »

Allez, on chipote, car l’objectif principal est atteint. Cette carte donne un temps de marche moyen de station à station qui peut être utile à plus d’un titre. « En cas de perturbation sur la ligne, de rames saturées ou lorsque vous vous apprêtez à vous engouffrer dans une station aux multiples correspondances, illustre Guillaume Martinetti. Comme République, Châtelet ou Montparnasse. Arriver jusqu’au quai et attendre la prochaine rame peut facilement prendre quatre minutes. Ajoutez le temps de parcours qui vous sépare de la prochaine station et vous arrivez très vite à six minutes. »

L’ingénieur en est persuadé : « Lorsqu’il y a moins de cinq minutes de marche entre deux stations, ça vaut le coup de parcourir le chemin à pied, au grand air ». Les Franciliens ne seraient pas si difficiles à convaincre. Pour preuve, la carte du métro de Guillaume Martinetti connaît déjà un joli succès sur la toile, où elle a été partagée de nombreuses fois. « Mon tweet a été vu 50.000 fois », s’étonne-t-il. En février dernier, une étude de la société Withings, « leader du podomètre connecté », faisait aussi des Franciliens les plus grands marcheurs de France.

La marche plutôt que le métro : Vos poumons vous diront merci
La carte de Guillaume Martinetti tombe à pic, quelques jours après la diffusion du dernier numéro d’On n’est pas des pigeons. L’émission diffusée lundi soir sur France 4 a consacré un reportage à la pollution dans les métros, avec un large focus sur le réseau parisien. Accompagné de Sébastien Vray, président de l’association Respire, On n’est pas des pigeons a mesuré la concentration de particules fines (PM10) dans le métro et dans la rue. Le résultat est sans appel : l’espace confiné du métro ou encore le système de freinage des rames font que les concentrations en particules fines mesurées en station dépassent largement le seuil des 50 microgrammes par m3 recommandées par l’OMS. Elles dépassent largement aussi les concentrations de particules fines mesurées dans les rues de Paris.

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