Le Palais Garnier (illustration).
Le Palais Garnier (illustration). - SUPERSTOCK/SUPERSTOCK/SIPA

52.000 euros la note de téléphone. Si si. Et c’est à l’Opéra de Paris que cette facture des mois de juillet et août derniers a été envoyée… Précisément au délégué syndical FSU qui utilisait la ligne concernée. Après les 400.000 euros de dépenses en taxis de l’ancienne présidente de l’Institut national de l’audiovisuel (Ina) Agnès Saal, un nouvel établissement public a dû ouvrir une enquête interne cette année.

« Je n’ai pas été informé du surcoût à l’étranger »

Révélée par Le Parisien-Aujourd’hui en France, l’affaire risque de faire du bruit. Forcément. Interrogé par le quotidien, l’utilisateur de ce portable impute le montant de l’ardoise, plus que salée, aux frais de « roaming », soit au téléchargement de données à l’étranger. Pour sa défense, il assure n’avoir jamais été prévenu que son téléphone professionnel n’était pas bridé. « C’est une carte téléphonique fournie par l’Opéra aux organisations syndicales. Je n’ai pas été informé du surcoût exorbitant de son utilisation à l’étranger », a-t-il dit au journal, en assurant que, durant ses vacances en Espagne, il avait seulement « passé des appels, consulté mes mails et mis à jour un site syndical ». Rien de répréhensible pour lui, en somme. Une anomalie de l’opérateur de téléphonie ? La direction de l’Opéra mène les investigations.

« Des informations ont été demandées à la société SFR. Elles ont permis de vérifier que la facturation s’expliquait par une surconsommation de données depuis l’étranger, ce que l’utilisateur de la ligne avait dans un premier temps contesté », indique un communiqué envoyé ce jeudi matin par l’Opéra. La direction de l’Etablissement public a demandé le détail des communications à SFR par lettre recommandée le 28 octobre, en fixant un délai au 10 novembre.

Climat social

« A l’issue de ce délai, la direction de l’Opéra fera usage de toutes les voies légales, notamment civiles et disciplinaires, pour que l’intérêt de l’établissement soit défendu », précise le communiqué. Jean-Philippe Thiellay, directeur général adjoint de l’Opéra, confirme également que l’octroi d’un téléphone portable fait partie de la délégation syndicale, et que deux syndicats en faisaient usage « sans qu’il y ait jamais eu d’anomalie ».

La FSU, qui représentait 10,95 % aux dernières élections professionnelles, avait déposé en juillet un préavis de grève portant sur plusieurs spectacles de la rentrée à l’Opéra. Le syndicat réclamait le doublement d’une prime de modulation et de variabilité horaires des techniciens et son intégration dans le calcul des retraites.

Selon Jean-Philippe Thiellay, la révélation de la facture exorbitante n’a rien à voir avec le climat social à l’Opéra, où « une sortie de crise a été trouvée » et le préavis levé. « Il y a toujours eu des préavis de grève à l’Opéra et le climat est plutôt serein », assure-t-il, démentant Le Parisien qui indique que « depuis des mois, l’Opéra est un véritable palais des Médicis où luttes et intrigues sont féroces entre les syndicats et la direction ».

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