Les catacombes à Airbnb : La privatisation accordée par la ville de Paris fait polémique

POLEMIQUE Cela durera une nuit et la start-up devra débourser 350.000 euros pour s’offrir les lieux. Trop peu pour les Verts, un manque d’éthique pour la droite parisienne…

Fabrice Pouliquen

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Mur d'ossements dans les Catacombes de Paris

Mur d'ossements dans les Catacombes de Paris — Patrick Kovarik AFP

350.000 euros. Tel est le prix pour privatiser une nuit les catacombes de la ville de Paris. C’est Airbnb qui fait le chèque à la ville de Paris. Dans le cadre de ses nuits insolites, la plateforme de logements entre particuliers veut offrir à un couple d’heureux gagnants une nuit dans l’ossuaire parisien, ultime demeure de 6 millions d’âmes. Cela se passera la nuit d’Halloween, entre le 31 octobre et le 1er novembre.

La mairie de Paris a cédé à la demande d’Airbnb. Ce qui n’est pas du tout pour plaire à plusieurs groupes politiques au Conseil de Paris. Les groupes Républicains et UDI-Modem déposeront même un amendement commun sur le sujet, ce lundi en ouverture du Conseil.

Un manque d’éthique d’Anne Hidalgo dénoncé

Pour ces élus d’opposition, la commercialisation de ce lieu où reposent les ossements de millions d’êtres est un manque d’éthique de la part d’Anne Hidalgo. « Le respect dû à la personne humaine ne prend pas fin avec la mort », note l’amendement. Et pas question de justifier cette commercialisation par la nécessité pour la ville de Paris de boucler son budget 2016. Les présidents des deux groupes, Nathalie Kosciusko-Morizet pour les Répubicains, et Eric Azières pour l’UDI-Modem, demandent à ce que le jeu concours d’Airbnb soit annulé et que soit organisé un débat sur l’élaboration d’une charte de la valorisation du patrimoine immobilier parisien.

« 350.000 euros ? C’est trop peu »

Le groupe écologiste aussi tique sur cette commercialisation. Mais plus que le lieu, c’est le prix qui interroge les Verts. « 350.000 euros, c’est trop peu, estime David Belliard, coprésident du groupe. Ce n’est pas tant la somme qu’il faut regarder mais à qui on la demande. Airbnb est une entreprise qui pratique l’optimisation fiscale et qui paie très peu d’impôts en France. L’opération nous laisse perplexe, mais quitte à la faire, la ville de Paris aurait dû demander bien plus. » Pour les écologistes, cette privatisation est un exemple phare de l’incapacité de la ville à maximiser les revenus qu’elle tire de son patrimoine.