La roue tourne, la surveillance reste. Le casino d'Enghien est truffé de caméras (trois cents) et de micros qui fonctionnent 24 heures sur 24. Dans une salle secrète, de deux à cinq personnes se succèdent pour tout visionner, en direct ou en différé. La triche concerne surtout les jeux de table, et la tactique la plus répandue consiste à marquer les cartes, par exemple avec son ongle. Les cartes sont donc régulièrement changées, à des horaires aléatoires. Le croupier a les poches cousues et il ne peut serrer la main d'un joueur. Et en principe, les téléphones sont interdits autour de la table. Mais les vidéos servent surtout à régler les conflits, notamment à la roulette française. Un visionnage est alors effectué.
Selon la direction, les ententes entre joueurs et croupiers tiendraient de la légende. En revanche, sans que cela puisse être assimilé à de la triche, les casinos reconnaissent être gênés par les « compteurs de cartes » au black-jack. Dotés de capacités exceptionnelles, ces joueurs sont capables de mémoriser plusieurs centaines de cartes et de miser ainsi très fortement quand les probabilités de gagner augmentent. Le directeur admet que dans un précédent casino, l'un de ces « phénomènes » a été refoulé à l'entrée. Mais l'homme est revenu avec un huissier de justice et entré... avant de perdre.
Le casino assure que la plus grande fraude vient des pickpockets. A plusieurs reprises, des malfaiteurs ont repéré des gagnants, et les ont pistés jusqu'à chez eux avant de les dépouiller. Le micmac peut aussi venir de l'intérieur. En 2004, deux caissiers avaient détourné 400 000 €, grâce à un jeu d'écriture informatique et en utilisant les angles morts des caméras. La direction assure que, depuis, le système de surveillance a été renforcé.