Le comité de candidature Paris 2024 fera appel au crowdfunding pour trouver une partie des 60 millions d'euros nécessaires pour mener à bien la candidature de Paris aux JO de 2024.
Le comité de candidature Paris 2024 fera appel au crowdfunding pour trouver une partie des 60 millions d'euros nécessaires pour mener à bien la candidature de Paris aux JO de 2024. - Roberto Schmidt / AFP

Des déplacements, des études de faisabilité, des plans de communication, des dossiers de presse et puis des salaires à verser… Mine de rien, le comité de candidature Paris 2024 devra dépenser une somme non négligeable d’argent pour tenter d’accrocher les Jeux Olympiques d’été.

« Il faut compter un budget de 60 millions d’euros pour les deux années qui nous séparent du choix définitif de la ville retenue pour ces JO 2024 [en septembre 2017] », évalue Denis Massiglia, président du CNOSF (Comité national olympique et sportif français), contacté par 20 Minutes.

Une campagne à l’heure du Web 2.0

Le CNOSF puisera dans les canaux traditionnels pour réunir cette somme : les subventions publiques et les mécénats d’entreprises. Mais à l’heure du Web 2.0, il aurait été dommage de se priver des nouvelles méthodes pour récolter des fonds. Ce sera tout l’objet de l’opération « Rêve de Jeux » que le CNOSF présente ce mercredi.

Denis Massiglia pense tout particulièrement au crowdfunding. Littéralement du financement par la foule, principe selon lequel des particuliers peuvent investir dans des projets qui leur tiennent à cœur en échange de contreparties. « On veut une candidature responsable et innovante, explique-t-il. Nous sommes en plein dedans. »

Une première mondiale ?

Cette campagne sera ouverte dès ce mercredi sur un site dédié. Il ne sera d’abord disponible que pour les entreprises avant de s’élargir aux particuliers le 25 septembre. Quelles seront les contreparties ? Denis Massiglia garde encore le secret. En revanche, on se dirige vers une campagne qui ne fixera pas d’objectif à atteindre dans les montants à récolter, chose inhabituelle dans le financement participatif.

« C’est tout simplement parce qu’il s’agit de quelque chose de tout nouveau, indique Loïc Yviquel, fondateur de Sponsorise.me, plateforme de crowdfunding spécialisée dans le sport et choisie par le CNOSF pour cette opération « Rêve de jeux ». Jamais une campagne de crowdfunding n’avait été tentée pour financer une candidature à des Jeux Olympiques. Il est donc difficile d’anticiper les montants qui seront récoltés. »

Il ne faut toutefois pas s’attendre à des miracles : le comité de candidature Paris 2024 ne dégottera pas ses 60 millions d’euros via le financement participatif. Le crowdfunding sportif ne permet pas encore d’atteindre cette somme. « Le Rugby Club Toulonnais tient pour l’instant le record sur sponsorise.me avec une levée de fonds de 500.000 euros, précise Loïc Yviquel. Aux Etats-Unis, un projet sportif est aussi parvenu à lever un million d’euros. A ma connaissance, c’est le record mondial actuel. »

« 40 % des Français prêts à donner 1 euro »

La campagne « Rêve de jeux » a toutefois tout le potentiel pour battre ces records. Denis Massiglia y croit et s’appuie notamment sur une étude du CNOSF, publiée en mai, selon laquelle « 40 % des Français seraient prêts à donner un euro pour la candidature de Paris au JO 2024 ».

Loïc Yviquel, lui, met en avant la logique de l’opération : « Quelle que soit la somme récoltée, cela sera d’autant moins d’argent à aller chercher auprès des contribuables, via des taxes ou des impôts, estime-t-il. C’est tout l’avantage du crowdfunding : il n’y a que ceux qui veulent réellement de ces JO qui mettent la main à la poche. »

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