Saint-Ouen: Des Roms expulsés de leur ancien village d’insertion

SEINE-SAINT-DENIS Le tribunal de Bobigny a demandé l'évacuation du terrain pour un projet immobilier…

C.T avec AFP

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Le camp de Roms de Saint-Ouen où vivent sept familles.

Le camp de Roms de Saint-Ouen où vivent sept familles. — V. WARTNER / 20 MINUTES

Des Roms, résidant sur le site d’un village d’insertion à Saint-Ouen en Seine-Saint-Denis, ont été expulsés ce vendredi, en vertu d’une décision de justice, a-t-on appris de sources concordantes. Créé en 2008 spécialement pour eux, le village aurait dû être évacué lors de sa fermeture en 2013. Le terrain, rue de Clichy, a été racheté en juillet 2013 par la Société d’économie mixte Séquano.

Une ordonnance du tribunal de Bobigny a énoncé l’évacuation du terrain, pour que Séquano puisse poursuivre son projet d’aménagement immobilier des Docks de Saint-Ouen.

Un des premiers villages d’insertion

« Les forces de l’ordre sont arrivées ce matin, personne n’était prévenu. Les habitants ont récupéré rapidement des affaires et ont dû sortir précipitamment », a déclaré un porte-parole du « Collectif de solidarité avec les Roms de Saint-Ouen en danger » sur place. Les résidents du campement vivaient dans des préfabriqués datant de 2008.

Ce village d’insertion était l’un des premiers du genre et accueillait un campement de 18 familles. « Depuis la fermeture, quelques familles étaient restées sur place. 56 personnes ont quitté les lieux ce matin sans incident : 17 hommes, 18 femmes, et 21 enfants », a déclaré la préfecture de Seine-Saint-Denis.

Une décision légale

Une rencontre devrait avoir lieu prochainement entre la mairie, la préfecture, le propriétaire du terrain et une délégation d’habitants pour parvenir à une solution, d’après l’avocate des Roms Marie Cuilliez et le militant du collectif. Pour l’avocate, c’est « une trahison ». « Depuis le début, mes clients ont respecté le contrat, ils ont mis leurs enfants à l’école, payent leurs impôts, l’Urssaf. Un accord de principe a été rompu. »

Le porte-parole du collectif a lui, déclaré qu’il y avait un « désengagement des pouvoirs publics ». « On n’est pas dans un campement sauvage. Les gens qui sont là avaient été triés sur le volet pour faire partie du village d’insertion, ils sont bien insérés à Saint-Ouen. » Le militant déplore « de nouvelles familles à la rue ».

D’après la préfecture, une réunion avait eu lieu au mois de mai pour prévenir de la future évacuation. « Toutes les règles de droit ont été respectées », l’expulsion n’a pas été effectuée en période scolaire. La Seine-Saint-Denis recense environ 45 camps aujourd’hui, ce qui représente 2.400 Roms selon la préfecture. En 2013, 143 camps étaient dénombrés.