Paris : Optimiam, l’application qui combine promotions et lutte contre le gaspillage alimentaire

INNOVATION Lancée en octobre par deux parisiens, la start-up connecte les commerçants avec des invendus sur le bras aux consommateurs en quête de petits prix...

Fabrice Pouliquen

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Alexandre Bellange, cofondateur d'Optimiam, aux côtés de Mathieu Mulliez, gérant de l'épicerie parisienne La Récolte, le 23 juin 2016 à Paris

Alexandre Bellange, cofondateur d'Optimiam, aux côtés de Mathieu Mulliez, gérant de l'épicerie parisienne La Récolte, le 23 juin 2016 à Paris — F. Pouliquen / 20 Minutes

Moins 25 % à Lunch in The city à Strasbourg-Saint-Denis, moins 36 % sur le grand jus de fruit frais à Tugalik, rue Saint-Placide, moins de 25 % encore sur le filet de sardine, les aiguillettes de poulet ou la cuisse de canard à l’épicerie La Récolte, place de Clichy.

La liste des bons plans pour la pause de midi à dégotter cette semaine sur Optimiam aurait pu être allongée encore. Ce n’est pas ce qui manque sur l’application smartphone, lancée en octobre par les parisiens Raodath Aminou et Alexandre Bellage.

Limiter les invendus alimentaires

Optimiam ne le fait pas seulement pour soulager votre porte-monnaie. L’idée première, c’est de lutter contre le gaspillage alimentaire. « Tout est parti de là, raconte Alexandre Bellage. Raodath est tombé à une heure tardive dans un hypermarché sur un vendeur de sushi japonais qui apostrophait les clients avec des réductions à 50 %. Quand elle lui a demandé pourquoi, il lui a répondu qu’il devait sinon les jeter à la fin de journée. »

Cette impasse ne se limite pas au sushi. Selon les chiffres du ministère de l’agriculture, 2,3 millions de tonnes de nourriture sont jetées chaque année par la distribution et 1,5 million de tonnes par la restauration. Optimiam est à voir alors comme une plateforme où les commerçants postent en temps réel les produits qui font l’objet arrivant à date de péremption et faisant alors l’objet de rabais.

« Nous avons aujourd’hui 75 commerçants abonnés à Paris, explique Alexandre Bellage. Ce sont des supérettes, des traiteurs, mais aussi beaucoup de boulangeries qui font des promotions sur leurs sandwichs et leurs pâtisseries. » En moyenne, 70 promotions sont mises en ligne par jour. Elles démarrent à 25 % et peuvent dépasser parfois les 60 %. « Seuls les utilisateurs d’optimiam en profitent et un système de géolocalisation les prévient par push lorsqu’il passe à proximité des produits bradés », poursuit Alexandre Bellage.

22.000 téléchargements en neuf mois

En neuf mois, l’application a été téléchargée 22.000 fois, assure Alexandre Bellage. « Tant par des jeunes soucieux de faire des économies que par des Parisiens sensibilisés au gâchis alimentaires. » Les commerçants ne seraient pas plus durs à convaincre de s’y mettre, bien que le dispositif soit payant pour eux. 400 euros à l’année pour citer l’abonnement le plus prisé.

Mathieu Mulliez, gérant de l’épicerie La Récolte, s’est laissé convaincre en décembre. « Nous étions alors en pleine réflexion sur la gestion de nos invendus, explique le commerçant. On peut toujours se tromper sur les commandes de produits frais. Les poulets, les poissons, la charcuterie, les fromages… Optimiam est l’un des moyens que nous avons désormais de réduire les pertes. Et puis, autre avantage, l’application nous amène aussi de nouveaux clients. »

Pas la seule start-up sur cette niche

Alexandre Bellage et Raodath Aminou aimeraient se constituer au plus vite un réseau de 100 commerçants partenaires. D’autres start-up sont aussi sur cette niche. Phenix et EQOsphère proposent ainsi des concepts similaires en mettant en relation commerçants et association ou destockeurs sur les invendus alimentaires. Il y a aussi Zéro-Gâchis, une start-up bretonne qui travaille plus avec les grandes surfaces. « Dont l’hypermarché E.Leclerc d’Achères (Yvelines), précise Paul-Adrien Menez, cofondateur. Mais un commercial vient d’être recruté pour développer le concept en Île-de-France. »